L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, vendredi, une proposition de loi visant à renforcer les sanctions contre l’absentéisme parlementaire. Le texte, porté dans un contexte de volonté affichée de moralisation de la vie publique, a été approuvé par 127 députés, contre 3 voix opposées et 2 abstentions. Désormais, tout député totalisant dix absences injustifiées aux séances plénières pourra perdre son mandat.
Jusqu’ici, le règlement intérieur de l’institution prévoyait principalement des sanctions financières, notamment la suspension des indemnités parlementaires. Avec cette réforme, le groupe majoritaire du parti Pastef entend instaurer un dispositif plus progressif comprenant des rappels à l’ordre et des avertissements avant l’application de la sanction ultime qu’est la déchéance du mandat.
La réforme n’a toutefois pas fait l’unanimité au sein de la classe politique sénégalaise. Plusieurs voix de l’opposition ont dénoncé une initiative jugée excessive. Le député Cheikh Youm a estimé qu’il s’agissait avant tout d’un différend politique relevant des groupes parlementaires. De son côté, Thierno Alassane Sall a qualifié la loi de « populiste », reprochant au pouvoir de détourner l’attention des enjeux économiques majeurs auxquels le pays est confronté, notamment la question de la dette publique.
Cette réforme marque néanmoins une nouvelle étape dans les débats sur la discipline parlementaire et la redevabilité des élus au Sénégal, où les attentes citoyennes autour du fonctionnement des institutions restent particulièrement fortes.



