Une nouvelle attaque attribuée à une bande armée a semé la panique dans les environs de Boali, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, en République centrafricaine. Selon plusieurs sources locales, des hommes armés ont pris pour cible, le 29 mai dernier, un campement d’éleveurs transhumants installé au village Gbaho, à une vingtaine de kilomètres de la ville de Boali. L’assaut a fait deux blessés parmi les éleveurs et s’est soldé par l’enlèvement de plusieurs personnes ainsi que le vol de deux importants troupeaux de bœufs.
D’après les témoignages recueillis sur place, les assaillants ont d’abord intercepté des habitants partis travailler dans leurs champs avant de les retenir pendant plusieurs heures. Relâchées en fin d’après-midi, ces personnes n’auraient subi aucune violence grave. Profitant de la situation, le groupe armé s’est ensuite dirigé vers un campement d’éleveurs peuls où des tirs d’intimidation ont été effectués afin de disperser les occupants. Les malfaiteurs auraient alors emporté plusieurs têtes de bétail et conduit certains éleveurs vers une destination inconnue.
Des sources locales décrivent cette bande comme un groupe d’anciens convoyeurs de bétail qui se seraient transformés en organisation criminelle après des différends financiers liés à leur activité. Depuis plusieurs mois, ce réseau serait impliqué dans des enlèvements contre rançon, des vols de bétail et diverses exactions dans les zones rurales de l’Ombella-M’Poko.
Alertées peu après l’attaque, les Forces armées centrafricaines (FACA) ont déployé des éléments dans la zone pour tenter de retrouver les auteurs. Toutefois, aucune arrestation ni récupération du bétail volé n’avait été signalée au moment des premières recherches. Parmi les victimes, un éleveur a été atteint par balle au niveau des côtes tandis qu’un autre a été retrouvé le lendemain avec une fracture à la jambe, vraisemblablement causée lors de sa fuite.
Cet incident illustre une fois de plus la montée de l’insécurité sur certains corridors de transhumance du pays. Les groupes criminels profitent de l’isolement des campements pastoraux et de la mobilité des éleveurs pour mener des opérations lucratives fondées sur le racket, les enlèvements et le trafic de bétail. Face à la multiplication de ces attaques, les populations locales réclament un renforcement durable du dispositif sécuritaire afin de protéger les éleveurs et préserver une activité essentielle à l’économie rurale centrafricaine.




