Goz-Beïda face à la pénurie d’eau : un défi croissant pour une ville sous pression démographiquePar la rédaction

À Goz-Beïda, chef-lieu de la province du Sila, l'accès à l'eau potable devient une préoccupation majeure pour de nombreux habitants. Dans plusieurs quartiers de la ville, les interruptions répétées de l'approvisionnement compliquent le quotidien des ménages, confrontés à une demande de plus en plus importante dans un contexte marqué par une forte croissance démographique.

À Goz-Beïda, chef-lieu de la province du Sila, l’accès à l’eau potable devient une préoccupation majeure pour de nombreux habitants. Dans plusieurs quartiers de la ville, les interruptions répétées de l’approvisionnement compliquent le quotidien des ménages, confrontés à une demande de plus en plus importante dans un contexte marqué par une forte croissance démographique.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des résidents, l’eau n’est plus distribuée de manière régulière.

Dans certains secteurs, les familles doivent attendre plusieurs jours avant de voir couler à nouveau l’eau des robinets. Cette situation oblige de nombreux habitants à multiplier les stratégies pour constituer des réserves ou à se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement parfois éloignées de leurs domiciles.

« Après une journée de distribution, il arrive que nous attendions entre deux et cinq jours avant de recevoir de nouveau de l’eau », confie une habitante de la ville. Une réalité qui touche particulièrement les femmes et les enfants, souvent chargés de la corvée d’eau.

La problématique est accentuée par l’augmentation rapide de la population locale. Depuis le début du conflit au Soudan voisin, la province du Sila accueille un nombre important de réfugiés ayant fui les violences. Cet afflux humain, salué comme un élan de solidarité de la part des communautés hôtes, exerce néanmoins une pression supplémentaire sur des infrastructures hydrauliques déjà limitées.

Dans une région où les températures dépassent régulièrement les 40 degrés pendant la saison chaude, l’accès à l’eau constitue non seulement un besoin vital, mais aussi un enjeu de santé publique. Les pénuries prolongées peuvent favoriser le recours à des sources d’eau non sécurisées, augmentant ainsi les risques de maladies hydriques.

Face à cette situation, plusieurs observateurs estiment qu’une réponse structurelle s’impose. Le renforcement des capacités de production et de distribution, la réalisation de nouveaux forages, l’extension des réseaux d’adduction d’eau et la modernisation des infrastructures existantes figurent parmi les solutions régulièrement évoquées. Les spécialistes recommandent également une meilleure planification urbaine intégrant les évolutions démographiques de la ville et les besoins liés à l’accueil des populations déplacées et réfugiées.

Au-delà des investissements publics, les partenaires techniques et financiers présents dans la région pourraient également jouer un rôle déterminant dans le développement de solutions durables. L’amélioration de l’accès à l’eau potable apparaît aujourd’hui comme l’un des défis majeurs de Goz-Beïda, une ville devenue au fil des années un symbole de solidarité dans l’est du Tchad.

Alors que la demande continue de croître, les habitants espèrent des mesures concrètes pour garantir un accès régulier à cette ressource essentielle et préserver les conditions de vie des populations locales comme des réfugiés accueillis dans la province.

Avec les informations de Mahamat Issa Djibrine Gadaya

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