CPI: Le Tchad annonce son retrait du Statut de Rome et quitte la Cour pénale internationale

Le gouvernement tchadien a officiellement notifié au Secrétaire général des Nations unies sa décision souveraine de se retirer du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). L'annonce a été faite ce lundi à travers un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Tchadiens de l'Étranger, précisant que cette démarche est engagée conformément aux dispositions de l'article 127 du Statut.

Le gouvernement tchadien a officiellement notifié au Secrétaire général des Nations unies sa décision souveraine de se retirer du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). L’annonce a été faite ce lundi à travers un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger, précisant que cette démarche est engagée conformément aux dispositions de l’article 127 du Statut.

Selon les autorités tchadiennes, cette décision résulte d’une évaluation approfondie du fonctionnement de la CPI depuis son entrée en activité en 2002. Le gouvernement estime que le bilan de l’institution demeure limité au regard des objectifs qui avaient motivé sa création. Il met particulièrement en avant ce qu’il qualifie de « sélectivité » dans les poursuites engagées par la Cour.

Le communiqué s’appuie sur les statistiques publiées par la CPI et actualisées au 11 mai 2026. À cette date, le Statut de Rome comptait 125 États parties, dont 33 pays africains. Le gouvernement souligne que les premières enquêtes de la Cour ont principalement concerné des États africains, notamment l’Ouganda, la République démocratique du Congo, le Darfour au Soudan, la République centrafricaine, le Kenya, la Libye, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burundi. Il relève également que, sur les neuf situations faisant alors l’objet d’enquêtes, la majorité concernait encore des pays africains.

Pour N’Djamena, cette concentration des procédures judiciaires sur le continent africain a nourri, au sein de nombreux États et opinions publiques, la perception d’un déséquilibre dans l’action de la Cour, voire d’une instrumentalisation politique de l’institution. Les autorités estiment que cette situation justifie une réflexion sur l’avenir de la justice pénale internationale.

Dans cette perspective, le gouvernement tchadien appelle l’Union africaine et ses États membres à accélérer le renforcement et l’opérationnalisation des mécanismes judiciaires africains. L’objectif affiché est de bâtir une justice continentale jugée plus équitable, crédible et efficace, tout en respectant la souveraineté des États africains.Les autorités tiennent toutefois à préciser que ce retrait ne constitue pas un renoncement à la lutte contre l’impunité. Le Tchad réaffirme son engagement à poursuivre les auteurs des crimes les plus graves et à honorer les obligations découlant des autres instruments internationaux auxquels il est partie.

Enfin, le communiqué insiste sur le caractère irrévocable de cette décision, tout en affirmant qu’elle traduit la conviction des autorités que les juridictions nationales et les mécanismes judiciaires africains disposent désormais de capacités croissantes pour rendre justice aux victimes dans le respect de leur dignité. Ce retrait marque une nouvelle étape dans le débat, de plus en plus porté par plusieurs États africains, sur l’évolution de la justice pénale internationale et le rôle des institutions judiciaires du continent.

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