Anticiper plutôt que subir. Le ministère de la Santé publique et de la Prévention, à travers le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), réunit plusieurs acteurs institutionnels à l’occasion d’un atelier consacré à la validation des données devant permettre d’identifier les zones prioritaires d’intervention contre le choléra au Tchad.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par les épisodes sanitaires enregistrés en 2025, au cours desquels de nombreux cas de choléra, dont plusieurs décès, avaient été signalés dans cinq provinces du pays. À la suite d’une revue après action, les autorités sanitaires ont engagé une vaste collecte d’informations dans les 23 provinces afin de mieux cerner les territoires les plus exposés et d’orienter les interventions vers les zones présentant les risques les plus élevés.
La priorisation repose sur une approche multisectorielle, conformément aux recommandations du Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra. Les données recueillies prennent notamment en compte la situation épidémiologique, l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, l’accès aux soins, mais également les facteurs socio-démographiques et environnementaux susceptibles de favoriser la propagation de la maladie.
L’atelier rassemble ainsi des représentants du ministère de la Santé publique et de la Prévention, de la Direction de la vaccination, de la lutte contre la maladie et de la surveillance épidémiologique, du COUSP, ainsi que des ministères chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement et de l’Environnement. Des représentants des provinces participent également aux travaux, avec pour objectif de confronter les données recueillies au niveau national aux réalités locales.
Au-delà de la validation des données, cette rencontre doit permettre de dégager les interventions prioritaires à inscrire dans la mise en œuvre du Plan national de contrôle du choléra (PNCC). Les échanges s’articulent autour de ses cinq principaux piliers : la surveillance, le renforcement du système de santé, la vaccination orale, l’eau-hygiène-assainissement et l’engagement communautaire.
En misant sur une lecture commune des risques et sur la coordination entre les secteurs concernés, les autorités entendent ainsi renforcer la capacité du pays à prévenir et à contenir d’éventuelles flambées de choléra. Les travaux techniques, lancés sous la supervision du coordonnateur adjoint du COUSP, se poursuivront jusqu’au 14 août 2026, date à laquelle les conclusions de cette étape de priorisation sont attendues.




