Eau potable au Tchad : Mahamat Issa Halikimi appelle à en faire une cause nationale

Près d’un mois après le Forum africain de l’eau organisé à N’Djamena, les 15 et 16 juillet 2026, le débat sur l’accès à l’eau potable reste plus que jamais d’actualité. Dans une tribune, Mahamat Issa Halikimi invite les autorités et l’ensemble de la société tchadienne à transformer les engagements pris en actions concrètes.

Près d’un mois après le Forum africain de l’eau organisé à N’Djamena, les 15 et 16 juillet 2026, le débat sur l’accès à l’eau potable reste plus que jamais d’actualité. Dans une tribune, Mahamat Issa Halikimi invite les autorités et l’ensemble de la société tchadienne à transformer les engagements pris en actions concrètes.

Le Forum africain de l’eau appartient désormais à l’histoire. Mais pour Mahamat Issa Halikimi, son véritable héritage doit encore s’écrire. Organisée les 15 et 16 juillet derniers à N’Djamena, cette rencontre avait placé le Tchad au centre des réflexions africaines sur l’un des enjeux les plus vitaux du continent : l’accès à l’eau potable.

Dans son plaidoyer, l’auteur salue la tenue de ce rendez-vous et rend hommage au gouvernement tchadien, aux partenaires techniques et financiers, aux experts ainsi qu’aux organisateurs. Pour lui, réunir les acteurs africains autour de l’eau revient à les rassembler autour de la vie, de la santé, de la dignité et de l’avenir.

Mais au-delà des discours et des recommandations, Mahamat Issa Halikimi pose une question essentielle : qu’adviendra-t-il des engagements pris une fois le forum terminé ?

De la recommandation à l’action

Selon le plaidoyer, une part importante de la population tchadienne demeure privée d’un accès régulier à une eau potable. Une situation qui, estime-t-il, ne peut être réduite à une simple donnée statistique.

Derrière chaque chiffre se trouvent des familles contraintes de parcourir de longues distances pour s’approvisionner, des enfants exposés aux conséquences du manque d’eau et des communautés entières confrontées quotidiennement à une ressource indispensable à la vie.

Du nord au sud et de l’est à l’ouest, le besoin reste présent, aussi bien dans les zones rurales que dans les périphéries urbaines. Pour Mahamat Issa Halikimi, cette réalité fait de l’eau une question qui dépasse les appartenances régionales, communautaires ou politiques.

« L’eau n’est ni une faveur, ni un privilège, ni un luxe : c’est un droit fondamental », défend-il, appelant à replacer cette question au cœur des priorités nationales.

Le paradoxe du pétrole et de l’eau

L’un des passages forts de son plaidoyer repose sur une comparaison entre les capacités déployées pour exploiter les ressources pétrolières et les difficultés persistantes à assurer l’accès à l’eau.

Sans opposer les deux ressources, il souligne le paradoxe d’un pays capable de mobiliser d’importants moyens techniques et financiers pour atteindre les hydrocarbures enfouis à plusieurs milliers de mètres sous terre, alors que certaines communautés peinent encore à disposer d’un forage fonctionnel.

Pour lui, cette situation doit conduire à une nouvelle hiérarchisation des priorités. Le pétrole représente une richesse économique susceptible de contribuer au développement, tandis que l’eau constitue la condition même de ce développement.

Un forage, rappelle-t-il, ne représente donc pas uniquement une infrastructure hydraulique. Il peut contribuer à réduire les maladies liées à l’eau insalubre, libérer du temps pour les femmes et les enfants, soutenir l’agriculture et l’élevage et redonner confiance aux populations.

Une responsabilité qui dépasse l’État

Mahamat Issa Halikimi reconnaît une responsabilité collective dans la recherche de solutions. Citoyens, collectivités, secteur privé, société civile, partenaires techniques et financiers et pouvoirs publics doivent, selon lui, participer à cet effort.

Mais il insiste particulièrement sur le rôle de l’État. L’accès à l’eau potable relève, à ses yeux, d’une responsabilité régalienne et constitue un enjeu de justice sociale, de dignité et de protection de la vie.

Le défi consiste désormais à faire passer les conclusions du forum du papier au terrain.

Les recommandations doivent devenir des décisions, les décisions des budgets, les budgets des chantiers et les chantiers des ouvrages capables de faire jaillir durablement l’eau.

Faire de l’eau une priorité nationale

À travers son plaidoyer, Mahamat Issa Halikimi lance ainsi un appel à la mobilisation autour d’une véritable cause nationale. Il estime que la question de l’eau doit transcender les clivages et s’inscrire dans la durée, indépendamment des changements politiques ou des générations.

« Le Forum est terminé. Les délégations sont reparties. Les discours se sont tus. Mais la soif, elle, est restée », résume-t-il, invitant les décideurs à ne pas laisser retomber l’élan suscité par la rencontre de N’Djamena.

Son message est clair : le véritable succès du Forum africain de l’eau ne se mesurera pas seulement au nombre de participants, aux déclarations ou aux recommandations adoptées, mais à la capacité du pays à transformer ces engagements en résultats visibles pour les populations.

Pour l’auteur, le temps est donc venu de faire de l’eau « une priorité, un devoir et une cause nationale ». Une ambition qui, selon lui, doit permettre de transformer l’espérance née du forum en une réalité concrète : celle d’un Tchad où chaque citoyen, où qu’il vive, puisse accéder à une eau potable, sûre et durable.

Après les discours, place désormais aux actes. Car si le peuple a entendu parler d’eau, il attend surtout de la voir couler.

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