Justice : après près de sept ans de détention, le procès d’Abdoulaye Miskine prévu le 24 août à N’Djamena

Près de sept ans après son arrestation au Tchad, Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtamadji, doit comparaître le 24 août 2026 devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djamena. L’ancien chef du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) reste détenu au Tchad, alors que sa défense alerte sur la dégradation de son état de santé.

Arrêté en novembre 2019 après son arrivée au Tchad, Abdoulaye Miskine s’est retrouvé au cœur d’un bras de fer judiciaire entre N’Djamena et Bangui. Les autorités centrafricaines avaient alors demandé son extradition vers la République centrafricaine afin qu’il y réponde de plusieurs accusations liées au conflit centrafricain.

Ses avocats s’étaient opposés à cette demande, soutenant que leur client s’était rendu aux autorités tchadiennes dans le cadre d’une démarche visant à solliciter une médiation au titre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.

Depuis, la procédure judiciaire engagée au Tchad s’est prolongée pendant plusieurs années sans jugement définitif. Le dossier concerne également plusieurs autres prévenus et porte sur de lourdes accusations, notamment l’association de malfaiteurs, la participation à des mouvements insurrectionnels, l’enlèvement, la séquestration, les sévices graves, le viol et l’extorsion.

L’audience, initialement attendue en mai 2026, avait été déprogrammée. La nouvelle date du 24 août est donc particulièrement scrutée par la défense et les proches d’Abdoulaye Miskine, après plusieurs années d’attente.

À cette longue détention s’ajoute désormais une préoccupation sanitaire. Les avocats et la famille de l’ancien chef rebelle affirment que son état de santé s’est fortement détérioré. Ils évoquent notamment une insuffisance rénale, de l’hypertension, des troubles de la vision ainsi qu’une importante perte de poids.

Pour la défense, l’enjeu dépasse désormais la seule question judiciaire. Elle porte également sur les conditions de détention et l’accès du prévenu à des soins médicaux adaptés.

En 2019, Bangui avait dépêché des émissaires à N’Djamena pour demander l’extradition d’Abdoulaye Miskine. Cette démarche n’avait finalement pas abouti, les autorités tchadiennes ayant engagé leur propre procédure judiciaire contre lui.

Près de sept ans plus tard, l’ancien chef du FDPC se trouve toujours au Tchad, où son procès est désormais annoncé pour le 24 août.

Pour ses avocats, l’enjeu est de mettre fin à une détention qui s’éternise et de permettre à leur client d’être jugé dans le respect de ses droits fondamentaux. Du côté centrafricain, le dossier demeure lié aux graves accusations portées contre l’ancien chef du FDPC.

L’audience du 24 août pourrait ainsi constituer une étape importante dans cette affaire judiciaire qui, depuis 2019, reste suivie avec attention aussi bien à Bangui qu’à N’Djamena.

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