Affaire Masra Succès : la défense salue la grâce présidentielle et appelle à l’amnistie

Le collectif des avocats de Dr Assyongar Masra Succès a salué, ce vendredi, la grâce présidentielle accordée à leur client, tout en appelant à une nouvelle étape dans le processus d’apaisement politique au Tchad : l’adoption d’une mesure d’amnistie.

Le collectif des avocats de Dr Assyongar Masra Succès a salué, ce vendredi, la grâce présidentielle accordée à leur client, tout en appelant à une nouvelle étape dans le processus d’apaisement politique au Tchad : l’adoption d’une mesure d’amnistie.

Lors d’un point de presse consacré au parcours judiciaire de l’ancien responsable politique, la défense a retracé les différentes étapes de la procédure engagée à la suite des événements tragiques de Mandakao, survenus le 14 mai 2025.

Selon les avocats, Dr Assyongar Masra Succès avait été interpellé à son domicile le 16 mai 2025, aux premières heures de la matinée. Ses téléphones et son ordinateur avaient alors été saisis. Une information judiciaire avait ensuite été ouverte, avant son renvoi devant la juridiction criminelle.

Le 9 août 2025, la juridiction compétente l’avait déclaré coupable de « diffusion de messages à caractère raciste et xénophobe par le biais d’un système informatique » et de « complicité de meurtre ». Il avait été condamné à 20 ans d’emprisonnement ferme, ainsi qu’au paiement solidaire d’un milliard de francs CFA de dommages-intérêts à l’État tchadien.

La défense avait formé un pourvoi en cassation, contestant notamment l’application de la loi pénale, la motivation de la décision, la recevabilité de certaines preuves et la constitution de l’État comme partie civile. D’après le collectif, la Cour suprême a finalement rejeté ce recours, rendant la condamnation définitive sur le plan judiciaire.

C’est dans ce contexte que le président de la République a accordé sa grâce à Dr Assyongar Masra Succès. Pour ses avocats, cette décision constitue un « acte d’humanité et d’apaisement » et ouvre une nouvelle perspective dans un dossier qui continue de susciter des réactions dans le paysage politique tchadien.

La défense insiste toutefois sur une distinction juridique importante : la grâce présidentielle met fin à l’exécution de la peine, mais n’efface pas la condamnation. Les avocats continuent ainsi de considérer celle-ci comme injustement fondée et estiment que la grâce ne suffit pas, à elle seule, à effacer toutes les conséquences juridiques et humaines du dossier.

Vers une demande d’amnistie

Le collectif souhaite désormais aller plus loin. Il appelle à l’adoption d’une loi d’amnistie en faveur de son client, estimant qu’une telle mesure permettrait d’effacer, dans les conditions prévues par la loi, les conséquences pénales attachées aux faits concernés.

Pour les avocats, l’amnistie constituerait ainsi un « acte supplémentaire de dépassement, de réconciliation et de rassemblement national ». Ils souhaitent que la grâce présidentielle soit considérée comme une opportunité pour engager une réflexion plus large sur la décrispation du climat social et politique.

Dans leur déclaration, les avocats ont également adressé une pensée aux victimes des événements de Mandakao ainsi qu’aux personnes décédées dans les prisons de l’État, en soulignant la nécessité d’une justice capable d’établir les responsabilités et de prévenir la répétition de tels drames.

En conclusion, le collectif a exprimé sa reconnaissance au chef de l’État pour la grâce accordée et plaidé pour une amnistie qui, selon lui, constituerait l’aboutissement juridique et politique d’un processus plus large de réconciliation.

Au-delà du cas de Dr Assyongar Masra Succès, la défense entend ainsi inscrire cette séquence dans une perspective plus vaste : celle d’un Tchad où le dialogue, la paix, la dignité humaine et la réconciliation nationale pourraient devenir les piliers d’un nouvel apaisement politique.

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