À Abéché, dans la province du Ouaddaï, la faible pluviométrie commence à peser lourdement sur les marchés céréaliers. La rareté et l’irrégularité des pluies, qui compromettent les perspectives de récoltes, se traduisent déjà par une forte hausse du prix du mil, aliment de base pour une grande partie des ménages.
Sur les marchés de la ville, le sac de mil beré-béré, autrefois vendu autour de 20 000 francs CFA, se négocie désormais entre 32 500 et 35 000 francs CFA. Une progression qui se ressent également dans les achats au détail : le coro de mil, vendu auparavant à environ 350 francs CFA, atteint aujourd’hui jusqu’à 800 francs CFA.
Cette flambée des prix intervient dans un contexte marqué par une disponibilité réduite des céréales, conséquence notamment de précipitations jugées insuffisantes. Pour les familles aux revenus modestes, cette situation accroît la pression sur le budget alimentaire et risque de rendre davantage difficile l’accès à cette denrée essentielle.
À cette contrainte climatique s’ajoutent les inquiétudes de certains consommateurs, qui accusent des commerçants de stocker des céréales dans l’espoir de les écouler à des prix plus élevés. Des accusations qui alimentent la méfiance sur les marchés et renforcent les appels à une intervention des autorités.
Face à cette situation, les populations sollicitent un renforcement du contrôle des prix et des stocks, ainsi que des mesures visant à assurer un approvisionnement régulier des marchés. Au-delà de la hausse actuelle, l’évolution du prix du mil apparaît comme un signal préoccupant pour la sécurité alimentaire des ménages d’Abéché, alors que la campagne agricole reste tributaire de l’évolution des précipitations.





