L’insécurité continue de peser lourdement sur l’action humanitaire dans le Haut-Mbomou, dans le sud-est de la République centrafricaine. Deux attaques visant des travailleurs humanitaires en l’espace de quelques jours viennent de compromettre davantage l’acheminement de l’assistance destinée à plus de 20 000 personnes vulnérables dans cette préfecture.
Selon le rapport de situation du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), couvrant la période du 16 au 22 septembre, le premier incident s’est produit le 17 septembre sur l’axe reliant Zémio à Djéma. Une mission humanitaire, qui se rendait à Djéma pour envisager la reprise d’activités suspendues depuis plusieurs mois, a été interceptée par des hommes armés.
Les assaillants auraient exigé de l’argent en échange de la liberté de mouvement des membres de la mission, tout en proférant des menaces à leur encontre. Face à ces conditions sécuritaires, les travailleurs humanitaires ont été contraints d’interrompre leur déplacement et de rebrousser chemin jusqu’à Kitessa.
Un second braquage quatre jours plus tard
La situation ne s’est pas améliorée. Le 21 septembre, les mêmes travailleurs humanitaires ont de nouveau été pris pour cible alors qu’ils regagnaient Zémio par l’axe Mboki-Zémio. Ce nouvel incident intervient alors que les organisations humanitaires tentent de maintenir un accès aux populations affectées par la crise sécuritaire.
Ces attaques ont des conséquences qui dépassent directement les équipes humanitaires. Elles risquent de retarder davantage l’assistance destinée à plus de 20 000 personnes vulnérables vivant à Djéma et le long des axes Zémio-Djéma, Zémio-Dembia et Zémio-Mboki.
Dans ces zones, les activités humanitaires sont suspendues depuis juillet 2026, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. La répétition des incidents sur les routes complique ainsi les perspectives de reprise des opérations et accentue l’isolement des populations qui dépendent de cette assistance.
Les civils toujours exposés
Au-delà des entraves à l’action humanitaire, OCHA alerte sur la persistance de risques importants pour les populations civiles dans le Haut-Mbomou. Des meurtres, violences basées sur le genre et enlèvements continuent d’y être signalés, selon l’agence onusienne.
La préfecture figure désormais parmi les zones centrafricaines les plus touchées par les incidents visant les acteurs humanitaires, se classant au deuxième rang au niveau national.
Dans ce contexte, la sécurisation des axes humanitaires apparaît comme un enjeu majeur pour permettre aux organisations de retrouver un accès régulier aux populations vulnérables et éviter que l’insécurité ne transforme les difficultés d’accès en une crise humanitaire prolongée.





