Moyen-Chari : prévenir les conflits avant que les champs ne deviennent des fronts

À l’approche de la période de transhumance, le Moyen-Chari veut prendre les devants. À Sarh, une concertation réunissant les principaux acteurs de la province s’est tenue le 3 octobre autour d’un objectif : prévenir les tensions entre agriculteurs et éleveurs avant qu’elles ne dégénèrent en conflits.

À l’approche de la période de transhumance, le Moyen-Chari veut prendre les devants. À Sarh, une concertation réunissant les principaux acteurs de la province s’est tenue le 3 octobre autour d’un objectif : prévenir les tensions entre agriculteurs et éleveurs avant qu’elles ne dégénèrent en conflits.

La rencontre, impulsée par le Délégué général du Gouvernement, Abderaman Ahmat Bargou, intervient dans un contexte marqué par la présence de cultures encore sur pied et une situation pluviométrique jugée préoccupante. Dans cette province où agriculture et élevage occupent une place centrale, la circulation du bétail pourrait raviver les tensions autour des dégâts causés aux champs.

Miser sur l’anticipation plutôt que sur la réaction

Autorités administratives, chefs traditionnels, services de l’État, organisations de la société civile, associations de jeunes et de femmes ont participé aux échanges. Tous ont insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation, le dialogue et la prévention afin de limiter les risques liés à la transhumance.

L’enjeu dépasse toutefois la seule cohabitation entre agriculteurs et éleveurs. La sécurité alimentaire s’est également imposée dans les discussions. Dieudonné Djonabaye a notamment plaidé pour une meilleure gestion des stocks céréaliers et un suivi plus attentif des prix du poisson et de la viande.

Il a également soulevé la question de l’acheminement du poisson vers d’autres provinces, susceptible, selon lui, de réduire l’offre disponible sur les marchés locaux.

Près de deux millions de têtes de bétail

Avec près de deux millions de têtes de bétail recensées, le Moyen-Chari est confronté à un défi majeur de cohabitation entre activités agricoles et pastorales. Dans ce contexte, le moindre dégât sur une exploitation peut rapidement devenir une source de tension entre communautés.

Pour tenter de désamorcer ces situations en amont, un comité de réflexion doit être mis en place en urgence. Sa mission sera de transformer les recommandations issues de la concertation en mesures concrètes et de préparer une mission de terrain.

Agir avant que les tensions ne s’envenimentAu Moyen-Chari, la prévention apparaît désormais comme un impératif. L’objectif affiché est d’éviter que les dégâts aux cultures, les déplacements du bétail ou les difficultés d’accès aux ressources ne se transforment en affrontements.

Car derrière les récoltes et le bétail, c’est la sécurité des communautés qui est en jeu. Anticiper les tensions, renforcer le dialogue et intervenir avant les premiers affrontements : telle est désormais l’équation à résoudre pour préserver à la fois les moyens de subsistance et la paix sociale dans la province.

Rimtemadji Ogody Herman
Rimtemadji Ogody Herman
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