À Abéché, la récente cérémonie de restructuration des bureaux départementaux et communaux du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) a été marquée par un climat de malaise perceptible parmi les militants. Organisée le 24 avril 2026 en présence de responsables locaux du parti, cette opération de réorganisation, censée renforcer les structures de base, a plutôt suscité des réactions contrastées au sein de la base militante.
Dès les premières heures de la cérémonie, des voix discordantes se sont fait entendre. Plusieurs militants ont exprimé leur mécontentement face à un processus qu’ils jugent peu inclusif et insuffisamment concerté. Selon eux, les choix opérés dans la désignation des nouveaux responsables locaux n’ont pas pris en compte les réalités du terrain ni les attentes des militants engagés de longue date.
La contestation s’est particulièrement manifestée chez des militants venus des localités de Bourtail et de Chokoyan. Ces derniers n’ont pas caché leur frustration, certains allant jusqu’à remettre en cause la légitimité de certaines nominations issues de cette restructuration. Dans les échanges recueillis sur place, un sentiment d’exclusion revient de manière récurrente. « Nous avons été mis à l’écart », confie un militant ayant requis l’anonymat, traduisant ainsi le malaise qui traverse une partie de la base.
Malgré ces tensions, la cérémonie s’est poursuivie sans incident majeur, sous la supervision des organisateurs qui ont veillé au maintien de l’ordre et au bon déroulement des activités. Aucun débordement n’a été signalé, ce qui témoigne d’un certain contrôle de la situation, en dépit des frustrations exprimées.
Pour l’heure, les responsables du Mouvement Patriotique du Salut ne se sont pas officiellement exprimés sur ces contestations. Ce silence alimente les interrogations quant à la gestion interne du parti et à sa capacité à apaiser les tensions nées de cette réorganisation.
Cette séquence met en lumière les défis auxquels le MPS est confronté dans la consolidation de ses structures locales, notamment en matière de gouvernance interne et d’inclusion des militants. Dans un contexte politique où la cohésion des bases est déterminante, la gestion de ces frustrations pourrait s’avérer cruciale pour préserver l’unité et la dynamique du parti dans la province du Ouaddaï.




