Économie : La BERD revoit à la baisse ses perspectives de croissance en raison des tensions au Moyen-Orient

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les économies dans lesquelles elle intervient, invoquant les répercussions négatives de l’opération militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Dans son dernier rapport, l’institution financière estime désormais que la croissance moyenne de ces économies atteindra 3,1 % en 2026, contre une prévision plus optimiste auparavant.


Pour 2027, la BERD a également réduit ses perspectives, abaissant de 0,1 point sa prévision de croissance à 3,6 %. Selon l’institution, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent d’alimenter l’incertitude économique mondiale, affectant les investissements, les échanges commerciaux et la stabilité des marchés énergétiques.


Les pays méditerranéens les plus touchés


La révision la plus importante concerne les pays du sud et de l’est de la Méditerranée, qui regroupent notamment l’Égypte, la Jordanie, l’Irak, le Liban, le Maroc et la Tunisie. Pour cette région, la BERD a réduit sa prévision de croissance de 1,7 point pour 2026, la ramenant à 2,5 %. Une reprise est toutefois attendue en 2027 avec une croissance estimée à 4,2 %.


L’Europe du Sud-Est, notamment la Bulgarie et la Roumanie, enregistre également un net ralentissement. La croissance moyenne de cette région devrait s’établir à seulement 0,5 % en 2026 et à 2 % en 2027, soit des baisses respectives d’un point et de 0,3 point par rapport aux précédentes estimations.


L’Afrique subsaharienne conserve une dynamique relativement solide
Malgré une légère révision à la baisse, l’Afrique subsaharienne demeure l’une des régions les plus dynamiques parmi celles couvertes par la BERD. Les économies du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Kenya, du Nigeria et du Sénégal devraient enregistrer une croissance moyenne de 4,7 % en 2026, soit 0,3 point de moins que prévu. En 2027, cette croissance atteindrait 4,8 %, en recul de seulement 0,1 point.


La BERD souligne que la résilience de plusieurs économies africaines continue de soutenir les perspectives régionales, même si les risques liés à l’environnement international demeurent présents.


Des ajustements modérés en Europe de l’Est et dans le Caucase


En Europe de l’Est et dans le Caucase, qui comprennent l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, la croissance prévue pour 2026 a été réduite de 0,1 point à 2,8 %, tandis que la prévision pour 2027 reste inchangée à 3,9 %.


L’Ukraine figure parmi les pays les plus affectés de cette zone, avec une croissance attendue de 2,2 % en 2026, soit une baisse de 0,3 point. La Moldavie voit également sa prévision réduite de 0,2 point, à 2,8 %.


Dans les pays d’Europe centrale et les États baltes, la croissance devrait atteindre 2,8 % en 2026 et 2,5 % en 2027. Ces chiffres représentent des révisions modestes de respectivement 0,1 et 0,2 point.


Les Balkans occidentaux et la Turquie également concernés


Les Balkans occidentaux, qui regroupent l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro et la Serbie, enregistrent une baisse de 0,2 point pour 2026, avec une croissance désormais attendue à 2,9 %. La prévision pour 2027 demeure inchangée à 3,5 %.


La Turquie fait partie des pays les plus touchés par cette révision. La BERD a abaissé ses prévisions de croissance de 0,5 point pour chacune des deux années considérées. L’économie turque devrait ainsi progresser de 3,5 % en 2026 et de 4 % en 2027.


L’Asie centrale résiste aux turbulences


À l’inverse, l’Asie centrale est la seule région pour laquelle la BERD n’a procédé à aucune révision. Les prévisions de croissance restent fixées à 5,6 % en 2026 et à 5,3 % en 2027 pour le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Mongolie, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan.


Cette stabilité témoigne de la capacité de ces économies à maintenir une dynamique de croissance soutenue malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques.


À travers ces nouvelles projections, la BERD met en évidence l’impact croissant des crises géopolitiques sur les perspectives économiques mondiales. L’institution estime que l’évolution de la situation au Moyen-Orient restera un facteur déterminant pour la croissance de nombreuses économies au cours des prochaines années.

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