Centrafrique : le CNEF alerte sur le ralentissement économique et appelle au renforcement de la résilience

Réuni en deuxième session ordinaire au siège de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), le Comité national économique et financier (CNEF) de la République centrafricaine a dressé un état des lieux de l'économie nationale, marqué par un ralentissement de l'activité dans un contexte international toujours incertain.

Réuni en deuxième session ordinaire au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Comité national économique et financier (CNEF) de la République centrafricaine a dressé un état des lieux de l’économie nationale, marqué par un ralentissement de l’activité dans un contexte international toujours incertain.

Présidée par le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, la rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres en charge de l’Économie et des Mines, ainsi que des responsables des institutions communautaires de la CEMAC en visioconférence. Les travaux, coordonnés par le secrétaire général du CNEF et directeur national de la BEAC, Ali Chaïbou Landou, ont principalement porté sur l’évolution des indicateurs macroéconomiques du pays.

Les échanges ont mis en évidence les répercussions de la conjoncture mondiale sur l’économie centrafricaine. Le ralentissement de la croissance internationale, alimenté par la persistance des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et en Ukraine, continue de peser sur les économies de la sous-région. La CEMAC devrait ainsi enregistrer une croissance de 2,9 % en 2026, en recul par rapport aux prévisions précédentes.

En République centrafricaine, les performances économiques du premier trimestre 2026 ont été affectées par une baisse d’activité dans plusieurs secteurs clés, notamment l’agriculture, l’exploitation diamantifère, l’énergie, le bâtiment et les travaux publics, ainsi que le commerce. Selon les analyses du comité, cette situation s’explique notamment par le climat d’attentisme lié au processus électoral et par la diminution des financements des partenaires au développement.

Les prévisions économiques traduisent cette dynamique moins favorable. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel est attendue à 2,8 % en 2026, contre 3,5 % l’année précédente. L’inflation, qui s’est établie à 0,5 % au premier trimestre, pourrait toutefois atteindre 3 % sur l’ensemble de l’année. Le déficit budgétaire devrait se réduire à 8,4 % du PIB, tandis que l’excédent des transactions courantes est annoncé en baisse. En parallèle, la masse monétaire poursuivrait sa progression.

Le CNEF s’est également penché sur la situation du système bancaire, des établissements de microfinance et du marché financier régional, tout en examinant les conditions d’accès au crédit et les évolutions du taux effectif global (TEG). Les membres ont par ailleurs pris connaissance du rapport d’activités 2024 du comité ainsi que des principales décisions adoptées par les instances de gouvernance monétaire de la BEAC.

À l’issue de cette session, le comité souligne que l’économie centrafricaine demeure confrontée à d’importants défis structurels. Face aux incertitudes internationales et aux contraintes internes, les autorités mettent l’accent sur la nécessité de consolider les équilibres macroéconomiques et de renforcer la capacité de résilience du pays afin de soutenir une croissance plus durable.

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