Tchad : A l’ENA, la lutte contre la corruption érigée en priorité pour former une administration exemplaire

La lutte contre la corruption passe aussi par la formation des futurs gestionnaires de l’État. C’est le message fort délivré ce vendredi lors d’une conférence organisée à l’École nationale d’administration (ENA) par l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption. L’initiative vise à sensibiliser les futurs cadres de l’administration publique aux enjeux de la bonne gouvernance et de l’éthique professionnelle.

La lutte contre la corruption passe aussi par la formation des futurs gestionnaires de l’État. C’est le message fort délivré ce vendredi lors d’une conférence organisée à l’École nationale d’administration (ENA) par l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption. L’initiative vise à sensibiliser les futurs cadres de l’administration publique aux enjeux de la bonne gouvernance et de l’éthique professionnelle.

Placée sous le thème « Lutte contre la corruption : bâtir une administration efficace au service du citoyen à travers la bonne gouvernance », la rencontre a été animée par le contrôleur Ousmane Abderamane Djougourou, qui a échangé avec les élèves administrateurs sur les défis liés à la corruption et les moyens d’y faire face.

Former une nouvelle génération d’administrateurs intègres

S’adressant à un auditoire composé de futurs responsables publics, le conférencier a insisté sur la nécessité de cultiver dès maintenant les valeurs d’intégrité, de responsabilité et de transparence. Selon lui, les élèves de l’ENA représentent une génération appelée à transformer durablement les pratiques administratives et à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.

Les échanges ont permis d’aborder les manifestations concrètes de la corruption dans la gestion des affaires publiques, tout en mettant en avant l’importance d’un engagement personnel et professionnel en faveur de l’éthique.

Un frein majeur au développement

Malgré l’abondance de ses ressources naturelles, le Tchad continue de faire face à d’importants défis socio-économiques. Pour le conférencier, la corruption demeure l’un des principaux obstacles au développement du pays.

Parmi les pratiques les plus récurrentes figurent le détournement des fonds publics, le favoritisme dans les recrutements, les fraudes administratives ainsi que la mauvaise gestion des projets publics. Autant de dérives qui alimentent les inégalités sociales, réduisent l’efficacité de l’action publique et fragilisent la confiance des populations envers les institutions de l’État.

Des pistes de réforme pour une gouvernance plus efficace

Pour inverser cette tendance, plusieurs solutions ont été mises en avant. Le contrôleur Ousmane Abderamane Djougourou a notamment plaidé pour une application rigoureuse des lois anticorruption, un renforcement des mécanismes de contrôle et une sensibilisation permanente des citoyens.

La digitalisation de l’administration publique a également été présentée comme un levier stratégique susceptible de réduire les abus, de renforcer la transparence et d’améliorer la qualité des services rendus aux usagers.

Le conférencier a par ailleurs invité les participants à s’inspirer des expériences réussies de pays africains tels que Rwanda et le Botswana, souvent cités en exemple pour leurs avancées en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.

« Vous devez être les artisans du changement »Dans une intervention marquée par un appel à la responsabilité collective, le conférencier a exhorté les futurs administrateurs à rompre avec les pratiques qui freinent le développement du pays.

« La corruption ne doit pas être une culture au Tchad. Vous devez être les artisans d’une administration nouvelle », a-t-il déclaré.

À travers cette conférence, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption et l’ENA entendent renforcer la culture de la transparence au sein de la future élite administrative tchadienne, avec l’ambition de bâtir une administration plus performante, plus responsable et davantage tournée vers le service du citoyen.

Salomon Ndakohom
Salomon Ndakohom
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