La rentrée judiciaire 2026-2027 des Cours et Tribunaux de la République centrafricaine s’est ouverte ce vendredi à l’Assemblée nationale sous la présidence du chef de l’État, Faustin Archange Touadéra. Cette cérémonie solennelle, qui marque la clôture de l’année judiciaire écoulée et l’ouverture de la nouvelle, a été l’occasion pour les autorités judiciaires et politiques de dresser le bilan du secteur et de définir les priorités à venir.
Devant un parterre composé de hauts responsables de l’État, de magistrats, de diplomates et de représentants des institutions républicaines, le Procureur général près la Cour de cassation, Flammarion Goba, a présenté les activités judiciaires de l’exercice 2025-2026. Il a notamment mis en avant le rôle stratégique de la Cour des comptes dans le contrôle des finances publiques, tout en soulignant les insuffisances matérielles qui limitent son efficacité. Il a plaidé pour un renforcement des moyens accordés à cette institution afin qu’elle puisse assurer pleinement sa mission de veille sur la gestion des ressources publiques.
Placée sous le thème « La fonction consultative du Conseil d’État et les réformes constitutionnelles », cette rentrée judiciaire a également permis de revenir sur les transformations institutionnelles engagées depuis l’adoption de la Constitution du 30 août 2023. Dans son discours, Georges Amibé, intervenant au nom du Conseil d’État, a insisté sur l’importance du rôle consultatif de cette juridiction dans l’accompagnement des réformes engagées par les pouvoirs publics.
Prenant la parole, le Premier président de la Cour de cassation, Silvain Nestor Emmanuel Sanzé, a rappelé les attentes exprimées par le chef de l’État lors de son investiture en mars dernier, notamment en matière de lutte contre l’impunité et la corruption. Il a appelé l’ensemble des acteurs judiciaires à redoubler d’efforts pour renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Dans son allocution de clôture, le président Faustin Archange Touadéra a souligné que la rentrée judiciaire constitue bien plus qu’une simple tradition républicaine. Selon lui, il s’agit d’un exercice de responsabilité et de redevabilité envers le peuple centrafricain, au nom duquel la justice est rendue. Il a réaffirmé le rôle déterminant de la justice dans la consolidation de la paix, de la stabilité et de l’État de droit, tout en appelant à améliorer l’accès des citoyens à un service public judiciaire de qualité.
Le chef de l’État a également sollicité la poursuite du soutien des partenaires internationaux en faveur de la Cour pénale spéciale (CPS) et de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR), deux mécanismes considérés comme essentiels dans la lutte contre l’impunité et la réconciliation nationale.
Par ailleurs, Faustin Archange Touadéra a insisté sur la nécessité d’assurer une transition harmonieuse entre les générations de magistrats. Il a encouragé les professionnels expérimentés à transmettre leur savoir-faire aux jeunes juges afin de garantir la continuité et la qualité du service judiciaire.
Abordant enfin les enjeux liés au numérique, le président centrafricain s’est montré préoccupé par la progression de la cybercriminalité, de la désinformation et des discours de haine sur les réseaux sociaux. Il a estimé que la justice devait adapter ses mécanismes d’action pour répondre efficacement à ces nouvelles formes de menaces qui pèsent sur la cohésion sociale et la stabilité du pays.
Cette rentrée judiciaire 2026-2027 s’achève ainsi sur un appel fort en faveur de la modernisation de l’appareil judiciaire, du renforcement des institutions de contrôle et de l’adaptation de la justice centrafricaine aux défis contemporains.


