À l’approche des travaux champêtres, les ateliers de forge du canton Bah, dans la province du Logone Occidental, connaissent une intense activité. Les forgerons s’affairent à fabriquer en urgence des houes, des dabas et des socs de charrues afin de répondre à la forte demande des agriculteurs qui se préparent à la nouvelle campagne agricole.
Parmi eux, Djikolmbaye Urbain, 34 ans, perpétue un savoir-faire transmis de génération en génération. Depuis la disparition de son père, Dionmande Michel, il y a douze ans, il a repris les rênes de la forge familiale où le feu ne s’est jamais éteint.
Au rythme des coups de marteau et dans la chaleur du foyer, l’artisan façonne chaque outil avec minutie. « Mon père m’a appris ce métier quand j’avais 15 ans. Lorsqu’il est parti, j’ai compris que la forge ne devait pas mourir. C’est notre identité, notre métier et ce qui fait vivre notre famille », confie-t-il.
À Bah, les forges demeurent un maillon essentiel de l’économie rurale. Grâce au travail des artisans, les producteurs disposent des équipements nécessaires pour préparer leurs champs et lancer la saison agricole dans de meilleures conditions.

Correspondance : Mbaihornom Ozias.



