Au Forum africain de l’eau, le ministre tchadien du Commerce et de l’Industrie, Mathieu Guibolofanga, a lancé un appel appuyé au secteur privé international, invitant les investisseurs à considérer le Tchad non comme un pays en quête d’assistance, mais comme une terre d’opportunités où l’eau peut devenir le principal levier de transformation économique.
Dans un discours résolument tourné vers l’investissement, le ministre a affirmé que le défi du Tchad ne réside pas dans la disponibilité de la ressource hydrique, mais dans sa capacité à la valoriser au service du développement. Évoquant le lac Tchad comme un patrimoine commun et un symbole de vie pour des millions de personnes, il a rappelé que l’eau constitue bien plus qu’une ressource naturelle : elle est, selon lui, « l’infrastructure des infrastructures », indispensable à l’agriculture, à l’industrie, à la sécurité alimentaire et à la paix.
Mathieu Guibolofanga a présenté la maîtrise durable des ressources en eau comme une condition préalable à l’industrialisation du pays. Sans eau, a-t-il expliqué, il ne peut y avoir ni agro-industrie performante, ni chaînes de froid, ni production pharmaceutique, ni zones industrielles compétitives. Pour le membre du gouvernement, investir dans l’eau revient à remettre en marche l’économie, créer des emplois et transformer les potentialités nationales en richesse.
Le ministre a inscrit cette ambition dans la vision du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui prévoit une forte implication du secteur privé dans le financement des projets structurants. Selon lui, près de la moitié des investissements attendus devra provenir des capitaux privés, témoignant de la volonté des autorités de bâtir un partenariat durable avec les entreprises et les institutions financières.
Afin de rassurer les investisseurs, Mathieu Guibolofanga a mis en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires. Il a notamment cité la simplification des procédures administratives, la digitalisation des services publics économiques, le renforcement de la sécurité juridique, la création d’outils d’accompagnement des investisseurs ainsi que la révision de la Charte nationale des investissements en cohérence avec les cadres régionaux de la CEMAC, de l’OHADA et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Au-delà des financements, le ministre souhaite que les investissements dans le secteur de l’eau favorisent le développement d’un secteur privé national solide grâce au transfert de technologies, au renforcement des compétences locales et à une plus grande participation des entreprises tchadiennes aux chaînes de valeur. Il a également exprimé l’ambition de voir émerger, à terme, une véritable industrie africaine de l’eau capable de produire et d’entretenir les équipements nécessaires au continent.
S’adressant directement aux opérateurs économiques, Mathieu Guibolofanga a invité les entreprises à dépasser la logique des contrats ponctuels pour devenir de véritables partenaires de long terme. « Nous ne recherchons pas des fournisseurs, mais des co-investisseurs et des co-bâtisseurs », a-t-il insisté, avant de lancer un avertissement aux plus hésitants : selon lui, le risque le plus élevé aujourd’hui n’est pas d’investir au Tchad, mais de laisser passer les opportunités qu’offre le pays.
À travers cette intervention, le gouvernement tchadien entend faire du Forum africain de l’eau un point de départ vers des engagements concrets, où la gestion durable de l’eau deviendra un catalyseur de souveraineté économique, de création d’emplois et de prospérité partagée, au bénéfice du Tchad et de toute la région.




