À Maïmana, dans le district sanitaire de Danamadji, les autorités administratives, sanitaires et traditionnelles ont mené une mission de supervision afin d’évaluer les efforts de lutte contre le ver de Guinée, une maladie parasitaire dont cette localité demeure le principal foyer de transmission dans la province du Moyen-Chari. Cette descente de terrain s’inscrit dans le cadre du programme national d’éradication, qui mise désormais sur une surveillance renforcée et une plus grande implication des communautés.
Face aux habitants, le chef du village, Dakoula Benoît, a lancé un appel à la mobilisation collective. Il a exhorté la population à appliquer scrupuleusement les mesures de prévention et à collaborer avec les équipes de santé, rappelant que seule une forte adhésion communautaire permettra de mettre définitivement un terme à la maladie.
Présent sur les lieux, le délégué provincial de la Santé et de la Prévention, Dr Mekonyo Kolmian Gédéon, a dressé un état de la situation épidémiologique. Depuis le début de l’année, 22 cas d’infection animale ont été enregistrés dans le Moyen-Chari, dont 12 dans le district sanitaire de Danamadji. À elle seule, la localité de Maïmana concentre neuf cas, confirmant son statut de principale zone sous surveillance.
Selon le responsable sanitaire, les investigations de terrain révèlent que certaines pratiques continuent d’alimenter la circulation du parasite. Le refus de plusieurs propriétaires d’attacher leurs chiens et leurs chats, ainsi que l’abandon des déchets de poissons et d’autres animaux aquatiques dans la nature, figurent parmi les principaux facteurs de risque. Il a insisté sur le fait que l’éradication du ver de Guinée dépend autant des interventions sanitaires que de l’adoption de comportements responsables par les populations.
Représentant le délégué général du Gouvernement auprès de la province, le secrétaire général du Moyen-Chari, Fidèle Kodé Ngolo, a expliqué que la hausse des cas détectés reflète également l’efficacité du renforcement du dispositif de surveillance épidémiologique. Il a invité les communautés à respecter les mesures essentielles de prévention, notamment l’attache systématique des chiens et des chats, l’enfouissement des déchets issus des animaux aquatiques et le signalement rapide de tout cas suspect.
Le responsable provincial a également évoqué les difficultés liées à la baisse des financements des partenaires techniques et financiers, qui a entraîné la suspension du mécanisme de récompense destiné à encourager le respect des mesures de prévention. Malgré cette contrainte, il a appelé les habitants à maintenir leur engagement afin de consolider les acquis de la lutte contre la maladie.
La mission s’est toutefois achevée sur une note encourageante. Trois ménages avaient été identifiés pour leur refus d’attacher leurs chiens. Grâce aux échanges entre les autorités administratives, les agents de santé et les chefs traditionnels, les trois propriétaires ont finalement accepté de se conformer aux recommandations. Un premier cas avait été résolu la veille grâce à la médiation du chef du village, tandis que les deux autres ont trouvé une issue favorable au cours de cette mission.
Pour les autorités, ces résultats illustrent l’efficacité du dialogue de proximité et de la sensibilisation communautaire. Elles estiment que l’implication des populations demeure la clé pour interrompre durablement la transmission du ver de Guinée et rapprocher le Moyen-Chari, ainsi que le Tchad, de l’objectif d’une éradication définitive de cette maladie.




