Les autorités de la province du Mayo-Kebbi Ouest tirent la sonnette d’alarme face à l’installation qu’elles qualifient de « clandestine et non réglementée » de groupes d’éleveurs transhumants étrangers dans plusieurs localités. Dans un communiqué officiel signé par le Délégué Général du Gouvernement auprès de la province, le Gal Abdelmanane Khatab, les chefs traditionnels sont appelés à renforcer leur vigilance afin de prévenir toute dégradation de la situation sécuritaire et sociale.
Selon le communiqué, certains groupes concernés auraient adopté des comportements jugés agressifs, avec des menaces à l’ordre public et des agissements présentés comme contraires aux lois de la République. Une situation qui, d’après les autorités provinciales, pourrait fragiliser la paix sociale dans plusieurs zones de la province.
Les chefs traditionnels mis à contribution
Pour faire face à cette situation, le Délégué Général du Gouvernement instruit les chefs de cantons et de villages de signaler sans délai toute nouvelle installation d’éleveurs étrangers aux autorités administratives et aux forces de sécurité compétentes, notamment les sous-préfets, la Gendarmerie nationale et la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT).
Les autorités interdisent également aux responsables traditionnels de procéder à des négociations privées ou d’attribuer des terres de pâturage sans l’autorisation préalable des services compétents. L’objectif affiché est de renforcer la traçabilité des mouvements de populations et d’éviter que des décisions locales ne viennent alimenter d’éventuels conflits autour de l’accès aux ressources.
Appel à éviter les affrontements
Le communiqué insiste par ailleurs sur la nécessité d’éviter toute confrontation directe ou tout recours à la justice privée. Les autorités provinciales privilégient ainsi le recours aux mécanismes administratifs et sécuritaires pour gérer les éventuelles tensions.
Le Délégué Général rappelle que la gestion des flux migratoires et les questions de sécurité relèvent de la responsabilité de l’État. Il avertit, dans le même temps, que les chefs traditionnels qui ne signaleraient pas les nouvelles installations ou qui seraient impliqués dans une éventuelle complicité avec des personnes présentées comme « hors-la-loi » pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires et judiciaires.
Au-delà de la fermeté affichée, le communiqué constitue surtout un appel à la responsabilité collective dans une province où la cohabitation entre communautés, l’accès aux terres et aux espaces pastoraux peuvent rapidement devenir des sources de tensions.
Les autorités du Mayo-Kebbi Ouest disent compter sur le civisme des chefs traditionnels et de l’ensemble des acteurs locaux pour préserver la paix, prévenir les affrontements et garantir le respect des procédures légales.





