Pour certains élèves centrafricains, les vacances ne riment pas seulement avec repos. Elles deviennent aussi une occasion de reprendre les cahiers, de résoudre des équations et de se confronter aux lois de la physique. À Bangui, le Groupe Newtech Institut a lancé la deuxième édition des « Vacances scientifiques », une initiative destinée à renforcer les acquis des élèves en mathématiques et en physique, tout en ravivant leur intérêt pour les disciplines scientifiques.
L’initiative part d’un constat préoccupant : dans plusieurs établissements scolaires, le manque d’enseignants qualifiés dans les matières scientifiques pèse sur le niveau des apprenants. Le phénomène touche aussi bien les établissements publics que privés, avec une situation particulièrement marquée dans certaines localités de province. Les « Vacances scientifiques » entendent apporter une réponse concrète à cette difficulté en proposant des cours de soutien à un coût quasiment gratuit.
Pour Serge Singa Bengba, président fondateur du Groupe Newtech Institut et député de Ouango 1, l’enjeu dépasse la simple remise à niveau. Il s’agit surtout de redonner aux jeunes le goût des sciences et de préparer une nouvelle génération capable de prendre le relais dans des secteurs où les compétences scientifiques sont indispensables. « Face à la baisse du niveau des jeunes en mathématiques et en physique, surtout au manque de vocation pour ces matières, il est important de redonner goût aux sciences », explique-t-il.
Le programme se veut également une passerelle vers l’égalité des chances. En ouvrant gratuitement les cours aux élèves venus de différents horizons, les organisateurs souhaitent éviter que les difficultés financières ne deviennent un obstacle supplémentaire à l’apprentissage. Des élèves issus de plusieurs milieux participent ainsi à cette deuxième édition, dans un même espace d’apprentissage.
Mais derrière les exercices de mathématiques et les formules de physique se dessine une ambition plus large : préparer les jeunes aux métiers de demain. Informatique, mécanique, architecture et autres domaines techniques reposent largement sur une solide maîtrise des sciences. Dans un contexte marqué par l’essor rapide de l’intelligence artificielle, Serge Singa Bengba estime que cette culture scientifique doit être construite suffisamment tôt, notamment dès la classe de troisième.
Avec cette deuxième édition, le Groupe Newtech Institut entend donc transformer une partie des vacances scolaires en laboratoire de préparation pour l’avenir. Au-delà des résultats immédiats en classe, le pari est de faire naître des vocations, de renforcer les compétences et, à terme, de contribuer à réduire le déficit de personnel qualifié dans les disciplines scientifiques en République centrafricaine.





