La Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) accueille favorablement la décision du chef de l’État d’accorder la grâce présidentielle à plusieurs détenus politiques. Dans un communiqué, son président, Me Adoum Mahamat Boukar, estime que cette mesure constitue une étape importante pour contribuer à la décrispation d’un climat politique marqué par de fortes tensions.
Pour la LTDH, cette décision répond également à une attente largement exprimée au sein de la population tchadienne. L’organisation rappelle toutefois avoir, dès l’arrestation des opposants concernés, dénoncé ce qu’elle considérait comme une forme de répression politique, allant jusqu’à saisir les procédures spéciales des Nations unies sur cette question.
Au-delà de la libération des détenus, Me Adoum Mahamat Boukar appelle les différents acteurs politiques à privilégier le dialogue. La société civile encourage ainsi les protagonistes à œuvrer à l’instauration d’un climat favorable à la paix, à la cohésion sociale et à l’unité nationale, dans l’intérêt supérieur du pays.
La LTDH souhaite cependant que le chef de l’État aille plus loin que la seule grâce présidentielle. Selon son président, les condamnations des opposants ont été perçues par une partie de l’opinion nationale et internationale comme une stratégie destinée à écarter des adversaires politiques des futures échéances présidentielles.
Face à cette perception, Me Adoum Mahamat Boukar plaide pour l’adoption d’une amnistie en faveur des opposants concernés. Une telle mesure, estime-t-il, leur permettrait non seulement de retrouver pleinement leur liberté, mais aussi de recouvrer leurs droits civils et politiques.
Pour la LTDH, la grâce présidentielle peut ainsi ouvrir une nouvelle séquence politique. Reste désormais à transformer ce geste en une dynamique durable de dialogue et d’apaisement, afin de restaurer la confiance entre les différents acteurs et de consolider la cohésion nationale.





