Quelques instants après avoir recouvré la liberté, l’ancien Premier ministre de transition et opposant Succès Masra a livré ses premières déclarations publiques à la suite de la grâce présidentielle dont il bénéficie, aux côtés de huit autres responsables du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP).
Visiblement marqué par les événements qui ont conduit à son incarcération, mais déterminé à poursuivre son engagement politique, Succès Masra a appelé ses partisans à ne pas céder à la frustration. « Que ceux qui ont peur de nous aujourd’hui n’aient pas peur », a-t-il lancé, dans un message placé sous le signe de l’apaisement et de la confiance en l’avenir.
L’opposant a toutefois réaffirmé son innocence, estimant que la grâce présidentielle ne constitue pas, à ses yeux, une reconnaissance de culpabilité. « Vous savez que je suis innocent, vous savez que je mérite plus que la grâce », a-t-il déclaré, avant d’inviter ses soutiens à accueillir cette mesure avec reconnaissance.
Pour Succès Masra, cette libération représente surtout une nouvelle occasion de retrouver ses proches et de reprendre son action au service de la population. Il a ainsi appelé ses partisans à ne pas être frustrés par le fait que la mesure accordée soit une grâce, estimant que « rien ne nous interdit donc d’avoir demain plus que ce que nous espérons aujourd’hui ».
Dans un registre plus spirituel, l’ancien Premier ministre a également évoqué la force de la prière et de l’espérance. « Dieu a entendu vos prières. Dieu sait, dans son silence, que je suis totalement innocent », a-t-il affirmé.
Après plusieurs mois derrière les barreaux, Succès Masra veut désormais regarder vers l’avenir. « La liberté jointe au souffle de vie, c’est suffisant pour travailler pour le peuple que nous aimons », a-t-il conclu.
Sa sortie intervient dans le cadre de la grâce présidentielle accordée à plusieurs responsables politiques détenus, dont lui-même et huit autres leaders du GCAP. Cette décision ouvre une nouvelle séquence dans le paysage politique tchadien, alors que les appels à l’apaisement et au rassemblement se multiplient.





