Le Président centrafricain, Professeur Faustin Archange Touadéra, a reçu une importante délégation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ainsi que des représentants de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, du Soudan du Sud et de l’Ouganda. Cette audience s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la coopération sanitaire transfrontalière face aux menaces épidémiques dans la sous-région.
Introduite par le ministre de la Santé et de la Population, Pierre Somse, la délégation était conduite par le Professeur Mohamed Yakub Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. Les échanges ont notamment porté sur les objectifs de la réunion consultative transfrontalière de haut niveau prévue les 14 et 15 août 2026 à Bangui.
Cette rencontre réunit des responsables ministériels et des experts sanitaires de cinq pays afin de coordonner les réponses face au risque lié à la maladie à virus Bundibugyo (MVB). Pour l’OMS, la circulation des maladies infectieuses ne s’arrêtant pas aux frontières, une réponse efficace passe nécessairement par une coopération étroite entre les États concernés.
Au cours de l’audience, le Professeur Janabi a insisté sur l’importance de la prévention dans la lutte contre les épidémies. Selon les données présentées par l’OMS, plus de 140 épisodes épidémiques sont enregistrés chaque année en Afrique, faisant de l’anticipation et de la prévention des leviers essentiels pour réduire les pertes humaines et économiques.
Les travaux de Bangui devront ainsi se concentrer sur plusieurs priorités : le renforcement de la surveillance épidémiologique et de l’alerte précoce, le partage rapide des informations sanitaires, le contrôle et la préparation aux points d’entrée, l’orientation des cas ainsi que la coordination des interventions entre les pays.
À l’issue de la réunion, les participants ambitionnent d’adopter une feuille de route opérationnelle commune et de mettre en place un groupe de travail technique transfrontalier chargé d’assurer le suivi des engagements pris.
Pour la République centrafricaine, l’enjeu est particulièrement important. Le pays reste exposé aux risques sanitaires provenant notamment des États voisins, alors que la région fait face à plusieurs menaces, dont la maladie à virus Ebola signalée en République démocratique du Congo et la récente apparition de cas de choléra dans le district sanitaire de Bimbo.
À travers cette démarche, Bangui entend donc privilégier l’anticipation plutôt que la réaction face aux crises sanitaires. L’implication du Chef de l’État dans ces discussions traduit la volonté des autorités centrafricaines de renforcer les mécanismes de prévention, de surveillance et de riposte afin de mieux protéger les populations contre les épidémies susceptibles de franchir les frontières.





