Trois jours de formation ont permis aux acteurs nationaux d’approfondir les mécanismes d’identification, de saisie, de confiscation et de restitution des biens issus d’activités illicites. L’AILC appelle désormais à transformer les connaissances acquises en résultats concrets.
La lutte contre la corruption au Tchad entend franchir un nouveau cap, celui du recouvrement effectif des avoirs illicitement acquis. Après trois jours d’échanges et de formation, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) a clôturé, ce vendredi 30 octobre 2026, un atelier consacré au renforcement des capacités nationales en matière de récupération des biens issus d’activités illicites. La cérémonie s’est déroulée à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena.
Organisée du 28 au 30 octobre avec l’appui du Conseil consultatif de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre la corruption, cette rencontre a réuni des représentants d’institutions, des experts et différents acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption. L’objectif était de renforcer leur maîtrise des instruments juridiques et opérationnels nécessaires pour identifier, saisir, confisquer et restituer les avoirs provenant d’activités illégales.
Au cœur des travaux figuraient notamment l’examen du dispositif juridique et institutionnel tchadien, le partage d’expériences avec le Sénégal ainsi que l’appropriation des orientations de la Position africaine commune sur le recouvrement des avoirs. Autant de références destinées à améliorer les pratiques nationales et à favoriser une meilleure efficacité des mécanismes de récupération des biens détournés.
Présidant la cérémonie de clôture aux côtés du président du Conseil consultatif de l’Union africaine, le Contrôleur général de l’AILC, Nédéou Teubdoyo Gérard, a rappelé que la performance du dispositif de recouvrement repose sur plusieurs facteurs essentiels : la compétence des acteurs, la coopération interinstitutionnelle et surtout la volonté de transformer les engagements en actions.
Pour le responsable de l’AILC, les enseignements de cet atelier ne doivent pas rester confinés aux salles de formation. Ils doivent se traduire par une coordination accrue entre les services concernés, une meilleure circulation de l’information et une mutualisation des compétences afin de rendre les interventions plus efficaces.
La dimension internationale du recouvrement des avoirs a également occupé une place importante dans les échanges. Face à des circuits financiers illicites qui transcendent souvent les frontières, les États ne peuvent agir isolément. Le renforcement de la coopération régionale et continentale apparaît ainsi comme une condition essentielle pour retrouver et récupérer les biens dissimulés au-delà des juridictions nationales.
En clôturant les travaux, Nédéou Teubdoyo Gérard a invité les participants à faire de cette formation un véritable levier de changement dans leurs pratiques professionnelles. Il a notamment insisté sur la nécessité d’évaluer les acquis à travers les résultats obtenus sur le terrain plutôt qu’au nombre de communications présentées.
Pour le Tchad, le défi est désormais de passer de l’acquisition des connaissances à leur application effective. Au-delà de la sanction des pratiques corruptives, la récupération des avoirs illicites constitue un enjeu majeur de justice économique et de préservation des ressources publiques. Des ressources dont la destination première demeure le financement du développement et l’amélioration des conditions de vie des populations.





