Tchad : l’interdiction des motos suscite des inquiétudes sur l’accès aux soins et les moyens de subsistance

La mesure gouvernementale interdisant la circulation des motocyclettes dans certaines zones du pays continue de susciter des réactions. Au Chari-Baguirmi, Abdelkader Djibia interpelle le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration sur les conséquences de cette décision pour les populations rurales, particulièrement celles vivant dans les localités enclavées.

La mesure gouvernementale interdisant la circulation des motocyclettes dans certaines zones du pays continue de susciter des réactions. Au Chari-Baguirmi, Abdelkader Djibia interpelle le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration sur les conséquences de cette décision pour les populations rurales, particulièrement celles vivant dans les localités enclavées.

Si les impératifs de sécurité publique peuvent justifier des mesures restrictives, leurs conséquences sur le quotidien des populations ne doivent pas être ignorées. C’est le principal message porté par Abdelkader Djibia dans une réaction adressée au ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, à la suite de la publication de la circulaire interdisant la circulation des motos dans certaines zones du pays.

Dans la province du Chari-Baguirmi, explique-t-il, la moto représente bien plus qu’un simple moyen de déplacement. Elle constitue un outil indispensable pour accéder aux soins de santé, transporter les malades, notamment pendant la nuit, s’approvisionner en eau et exercer des activités génératrices de revenus. Une réalité particulièrement préoccupante dans les villages enclavés, où les structures sanitaires sont souvent éloignées et où les moyens d’évacuation médicale, notamment les ambulances, font défaut.

La sécurité sans compromettre les besoins essentiels

Sans remettre en cause la nécessité de préserver la sécurité des populations, Abdelkader Djibia soulève une interrogation fondamentale : quelles alternatives ont été prévues pour permettre aux habitants de continuer à se soigner, à travailler et à subvenir aux besoins de leurs familles malgré cette restriction ?

Au nom de la jeunesse du Chari-Baguirmi, il plaide pour un réexamen des modalités d’application de cette interdiction. Il recommande notamment l’ouverture d’un cadre de concertation avec les communautés locales ainsi que l’adoption de dérogations clairement définies pour les urgences médicales et les déplacements indispensables.

Un appel à des mesures adaptées aux réalités locales

Pour Abdelkader Djibia, l’efficacité d’une décision sécuritaire doit également être appréciée à l’aune de ses répercussions sociales et économiques. Il estime qu’avant d’immobiliser les motocyclettes, les autorités doivent proposer des solutions concrètes aux familles qui en dépendent quotidiennement.

Son intervention remet ainsi au centre du débat la nécessité de concilier les exigences de sécurité publique avec les réalités socioéconomiques des populations rurales. Car, au-delà de la restriction des déplacements, c’est aussi l’accès aux soins, la mobilité et les moyens de subsistance de nombreuses familles qui sont en jeu.

« Protéger une population, c’est aussi préserver son accès aux soins et ses moyens de subsistance », rappelle-t-il en substance.

Un plaidoyer qui invite les autorités à privilégier une approche concertée et adaptée aux réalités locales dans la mise en œuvre de cette mesure.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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