À l’occasion de la Journée des travailleurs, le leader de l’Economic Freedom Fighters, Julius Malema, a vivement condamné les violences xénophobes visant les ressortissants africains en Afrique du Sud. Devant ses partisans réunis pour cette commémoration, l’opposant et député a accusé certains mouvements hostiles aux migrants de détourner la colère populaire, sans apporter de réponses concrètes aux défis persistants du chômage et de la pauvreté.
Dans son intervention, Malema s’est insurgé contre les campagnes ciblant des communautés étrangères, notamment originaires du Zimbabwe, du Nigeria ou du Ghana, souvent accusées de « voler les emplois » des citoyens sud-africains. Pour lui, ces accusations simplistes masquent une réalité plus complexe et alimentent des tensions dangereuses dans un contexte socio-économique déjà fragile.
Le dirigeant de l’EFF a remis en question l’efficacité des actions violentes menées contre les migrants, soulignant que la fermeture de commerces, les agressions ou les expulsions d’entrepreneurs étrangers ne créent aucun emploi. Au contraire, a-t-il insisté, ces actes contribuent à aggraver la précarité dans les quartiers populaires et à fragiliser davantage le tissu économique local.
Dans un message sans équivoque, Julius Malema a également rejeté toute stratégie politique fondée sur la stigmatisation identitaire. Il a affirmé ne pas vouloir du soutien de personnes ou de groupes qui cautionnent les violences contre d’autres Africains vivant en Afrique du Sud. « Nous ne construirons pas un avenir sur la haine », a-t-il martelé, appelant à une solidarité panafricaine renforcée.
Le député est allé plus loin en condamnant fermement certaines pratiques discriminatoires, notamment l’exclusion d’enfants étrangers du système éducatif sud-africain ou le refus de soins médicaux à des femmes enceintes venues d’autres pays africains. Pour lui, ces dérives constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux et aux valeurs d’humanité.
Cette prise de position intervient dans un climat marqué par une recrudescence des tensions xénophobes dans plusieurs régions du pays. L’Afrique du Sud, confrontée à un taux de chômage élevé et à de profondes inégalités sociales, voit la question migratoire devenir un enjeu politique majeur, instrumentalisé par certains acteurs.
En dénonçant ces violences et en appelant à des solutions structurelles, Julius Malema relance le débat national sur la responsabilité des dirigeants politiques face aux crises sociales et aux discours de division. Un appel qui, au-delà des clivages, interpelle sur la nécessité de repenser les politiques économiques et sociales pour répondre aux attentes des populations sans céder aux logiques d’exclusion.



