Le président français Emmanuel Macron a affirmé la fin d’un cycle historique dans les relations entre la France et plusieurs pays africains, estimant que depuis 2017, Paris a engagé une profonde transformation de sa politique sur le continent. Dans une déclaration au ton direct, le chef de l’État français a reconnu que les entreprises françaises perdaient déjà du terrain en Afrique francophone avant même cette date, dans un contexte devenu « compétitif ». Défendant une approche fondée sur « la souveraineté des États » et « l’intégrité territoriale », il a évoqué le retrait militaire français du Mali après le coup d’État et la rupture avec les autorités de transition. « Vous ne voulez plus de la France ? On s’en va », a-t-il lancé, tout en estimant que les choix opérés par les putschistes maliens n’avaient « sans doute pas été les meilleurs » pour leur pays face à la menace terroriste.
Dans le même temps, Emmanuel Macron a affiché sa volonté de réchauffer les relations avec Algérie après près de deux années de fortes tensions diplomatiques. Saluant la récente visite de la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, à Alger, il a exprimé l’espoir d’une « reprise » fondée sur une coopération « apaisée » et « constructive ». Le président français a dénoncé certaines « postures de politique intérieure » ayant, selon lui, nui aux intérêts des deux pays. Une feuille de route sécuritaire et militaire a d’ailleurs été définie entre Alice Rufo et le président algérien Abdelmadjid Tebboune afin d’intensifier la coopération bilatérale. Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’un dialogue pragmatique pour traiter des dossiers migratoires, économiques, humanitaires et sécuritaires.
Interrogé enfin sur les tensions croissantes au Moyen-Orient et la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le président français a assuré que la France n’avait « jamais envisagé » un déploiement militaire naval dans le détroit d’Ormuz. Il a précisé que la présence du porte-avions Charles de Gaulle (R91) relevait uniquement d’une mission de sécurisation concertée avec l’Iran, écartant toute participation française à une escalade militaire dans cette zone stratégique.



