Centrafrique : Des journalistes dénoncent des entraves persistantes à la liberté de la presse

À l’occasion de la 33e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai 2026, plusieurs journalistes centrafricains tirent la sonnette d’alarme sur les difficultés croissantes auxquelles ils font face dans l’exercice de leur profession. À Bangui, des accusations ciblent directement certains dignitaires du régime, soupçonnés d’entraver le travail des professionnels des médias, notamment lorsque leurs prises de position dérangent.

À l’occasion de la 33e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai 2026, plusieurs journalistes centrafricains tirent la sonnette d’alarme sur les difficultés croissantes auxquelles ils font face dans l’exercice de leur profession. À Bangui, des accusations ciblent directement certains dignitaires du régime, soupçonnés d’entraver le travail des professionnels des médias, notamment lorsque leurs prises de position dérangent.

Quatre figures emblématiques cristallisent aujourd’hui ces tensions : Déon Balladur, Barthélémy Mbokia, Aimé Ndotha, Izidor Boazamo et Landry Ngokpélé. Les trois premiers, issus de la presse publique, évoluent dans un environnement étroitement contrôlé par le ministère de la Communication. Selon plusieurs témoignages, ils auraient été sanctionnés pour avoir dénoncé des conditions de travail jugées précaires et un manque d’indépendance éditoriale. Aimé Ndotha, en particulier, serait régulièrement ciblé par des mesures disciplinaires en raison de ses prises de position critiques.

Au sein des institutions, les pressions ne seraient pas moindres. Izidor Boazamo, journaliste accrédité à l’Assemblée nationale, accuse ouvertement le questeur Jocelyn Makango de constituer un obstacle majeur à l’exercice de ses fonctions. Une déclaration rare qui illustre le climat de tension entre certains responsables politiques et les professionnels de l’information.

Dans le secteur privé, Landry Ngokpélé, directeur du journal Le Quotidien de Bangui, continue de faire face à des pressions après sa libération en août 2025, à l’issue de 94 jours de détention. Son cas reste emblématique des risques encourus par les journalistes indépendants en République centrafricaine.

Au-delà de ces situations individuelles, ces témoignages mettent en lumière un environnement médiatique marqué par une forte emprise politique, en particulier dans la presse publique, où les journalistes dénoncent une marginalisation des voix critiques. Ceux qui tentent de s’affirmer de manière indépendante seraient souvent écartés ou sanctionnés.

Le contexte juridique vient accentuer ces inquiétudes. La loi sur la communication adoptée en 2020, jugée restrictive par plusieurs observateurs, demeure en vigueur faute de promulgation d’un nouveau texte pourtant adopté par l’Assemblée nationale. Cette situation entretient une incertitude juridique qui fragilise davantage la liberté de la presse dans le pays.

Dans ce climat tendu, les défis pour garantir une information libre et indépendante restent considérables, appelant à la fois à un engagement renforcé des professionnels des médias et à des réformes structurelles pour protéger durablement la liberté d’expression en Centrafrique.

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