Centrafrique : la CPS maintient le procès par contumace de François Bozizé, le témoignage du fils de Charles Massi marque l’audience

La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine a décidé de poursuivre le procès de l’affaire Bossembélé en l’absence de l’ancien président François Bozizé. Réunie le 24 juin à Bangui, la première chambre d’assises a rejeté les objections soulevées par les avocats de la défense, estimant que les conditions légales permettant un jugement par contumace étaient réunies.


La défense contestait la régularité de la procédure, estimant que certaines formalités n’avaient pas été respectées et réclamant au parquet des éléments complémentaires avant l’ouverture des débats sur le fond. Après délibération, les magistrats ont toutefois confirmé la validité de la procédure, ouvrant ainsi la voie à l’examen des faits reprochés aux accusés.


L’audience a ensuite été marquée par le témoignage d’Éric Néris Massi, premier témoin à charge. Face aux juges, il a retracé avec émotion les circonstances de l’arrestation de son père, Charles Massi, ancien ministre devenu figure de l’opposition armée, disparu en 2010 dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées. Il a également relaté les longues recherches entreprises par sa famille pour tenter de connaître le sort de son père, évoquant les informations recueillies au fil des années sur sa disparition puis sa mort présumée.


Les magistrats ont interrogé le témoin afin d’obtenir des précisions sur plusieurs éléments susceptibles d’éclairer les circonstances de cette disparition. Son récit, empreint d’émotion, a constitué l’un des moments les plus marquants de cette audience.


À l’issue de cette audition, le président de la chambre a suspendu les débats. Les audiences doivent reprendre ce jeudi avec la poursuite des témoignages et l’examen des éléments de preuve versés au dossier.


Le procès Bossembélé porte sur des faits présumés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis entre 2009 et 2013 dans la région de Bossembélé. Il s’agit de l’un des dossiers les plus emblématiques examinés par la Cour pénale spéciale et du premier procès d’envergure mettant en cause des proches de l’ancien régime de François Bozizé.

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