L’Association Action Justice et Droit en Centrafrique (AJDC) interpelle les autorités judiciaires sur la situation actuelle de l’ancien ministre et chef rebelle Armel Sayo. Dans un communiqué publié le 14 octobre 2026 à Bangui, l’organisation dénonce le manque d’informations officielles sur son lieu de détention et l’évolution de la procédure judiciaire le concernant.
Le silence des autorités centrafricaines sur la situation judiciaire d’Armel Sayo suscite des interrogations. Dans un communiqué de presse rendu public ce mercredi 14 octobre, l’Association Action Justice et Droit en Centrafrique (AJDC) exprime sa préoccupation face à l’absence prolongée d’informations précises et accessibles au public sur le dossier de l’ancien ministre et chef rebelle.
Selon l’organisation, Armel Sayo avait été arrêté le 17 janvier 2025 à Douala, au Cameroun, avant d’être extradé vers la République centrafricaine en mai de la même année. Depuis, les informations disponibles sur sa situation demeurent limitées, alimentant les incertitudes au sein de l’opinion publique.
Une absence d’informations qui entretient les interrogations
L’AJDC rappelle qu’en juillet 2025, des rumeurs annonçant le décès d’Armel Sayo avaient circulé sur les réseaux sociaux. Face à leur ampleur, le gouvernement centrafricain, par l’intermédiaire de son porte-parole de l’époque, Maxime Balalou, était intervenu dans les médias pour les démentir. Une vidéo dans laquelle l’intéressé apparaissait aux côtés du porte-parole avait alors été présentée pour rétablir les faits.
Dans les jours suivants, Armel Sayo aurait comparu à deux reprises devant le Tribunal de grande instance de Bangui, lors d’audiences tenues à huis clos. Toutefois, selon l’AJDC, aucune communication officielle suffisamment précise n’a depuis permis d’informer l’opinion sur le lieu de sa détention, l’évolution de la procédure ou les suites réservées à ces audiences.
Pour l’organisation, cette situation nourrit progressivement les inquiétudes et les spéculations. Elle estime qu’une communication institutionnelle appropriée permettrait de réduire les incertitudes, sans pour autant porter atteinte au secret de l’instruction ni aux droits de la défense.
L’AJDC demande quatre clarifications
Face à ce qu’elle considère comme un déficit d’information, l’association appelle les autorités centrafricaines compétentes, notamment le ministère chargé de la Justice, à apporter des éclaircissements sur quatre points essentiels : la situation actuelle d’Armel Sayo et son lieu de détention, l’état d’avancement de la procédure judiciaire, la juridiction chargée de son dossier ainsi que la nature et les suites des audiences auxquelles il aurait comparu.
L’AJDC tient néanmoins à préciser que sa démarche ne vise ni à préjuger de la culpabilité ou de l’innocence de l’intéressé, ni à interférer dans une procédure judiciaire en cours. Elle la présente comme une démarche de vigilance citoyenne et de défense des principes de l’État de droit.
Transparence et indépendance de la justice
Reconnaissant que les nécessités de l’enquête, le secret de l’instruction et la protection des droits de la défense peuvent justifier certaines restrictions à la communication publique, l’organisation estime que ces impératifs ne devraient pas exclure toute information institutionnelle sur les éléments pouvant être légalement rendus publics.
Elle rappelle que la transparence des institutions et le respect des procédures judiciaires sont complémentaires. Selon elle, une communication officielle respectueuse du cadre légal contribuerait à préserver la confiance des citoyens dans la justice et à limiter la propagation de rumeurs.
En conclusion, l’AJDC demande aux autorités judiciaires de faire preuve de diligence et de communiquer les informations pouvant être rendues publiques. « Le peuple doit savoir ! », insiste l’organisation, qui appelle à concilier l’indépendance de la justice avec le droit du public à l’information, dans les limites prévues par la loi.





