À Bangui, le débat sur la désinformation prend une nouvelle dimension. Le président du Haut Conseil de la Communication (HCC), José Richard Pouambi, appelle le parquet général à engager des actions contre les auteurs de contenus diffusés sur les réseaux sociaux et susceptibles, selon lui, de fragiliser la paix et la cohésion sociale en République centrafricaine.
L’appel a été lancé vendredi 18 septembre 2026, lors d’un café de presse organisé à Bangui par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), en prélude à la Journée internationale de la paix. La rencontre avait pour thème : « Investir dans la paix en RCA : regards croisés sur les acquis, les défis et perspectives ».
Pour José Richard Pouambi, l’essor des réseaux sociaux a profondément transformé l’espace informationnel centrafricain. Aux côtés des journalistes professionnels évoluent désormais de nombreux producteurs de contenus et communicants, rendant plus difficile, selon lui, la distinction entre information journalistique et publications destinées à promouvoir ou à discréditer des personnalités.
Le président du HCC estime que le régulateur ne dispose toutefois pas de moyens juridiques pour sanctionner certains acteurs qui ne relèvent pas directement du champ de la régulation des médias. Il invite ainsi le parquet à intervenir lorsque des contenus sont susceptibles de constituer des infractions relevant de la justice.
« J’en appelle à la responsabilité du parquet général », a déclaré José Richard Pouambi, estimant que la justice doit agir contre les auteurs de contenus qu’il considère comme susceptibles de menacer la consolidation de la paix, le vivre-ensemble et la cohésion sociale.»
Le responsable du HCC a également dénoncé les campagnes menées sur les réseaux sociaux pour, selon lui, valoriser ou dénigrer certaines personnalités, parfois dans le cadre de règlements de comptes politiques ou privés. Une pratique qui, à ses yeux, peut contribuer à alimenter les tensions dans un pays engagé dans des efforts de consolidation de la paix.
Pour illustrer les risques liés à la manipulation de l’information, José Richard Pouambi a notamment fait référence à l’expérience du Rwanda, tout en citant le livre d’Isaïe, chapitre 5, verset 20, sur ceux qui « changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres ».
La lutte contre les fausses informations, les rumeurs et les discours de haine figure déjà parmi les préoccupations du HCC dans l’exercice de sa mission de régulation. Mais la multiplication des contenus produits en dehors des médias traditionnels pose également la question des limites de cette régulation et du rôle des différentes institutions.
Les échanges ont enfin porté sur la place des journalistes professionnels dans ce nouvel environnement médiatique. Le président du HCC a notamment soulevé la question de l’accès des professionnels des médias aux sources d’information et aux institutions publiques, un enjeu qui touche directement à la qualité et à la fiabilité de l’information diffusée au public.
À travers cet appel, le HCC entend replacer la responsabilité dans la circulation de l’information au cœur du débat sur la paix en République centrafricaine, alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la formation de l’opinion publique.




