Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a officiellement lancé, lundi 5 octobre 2026 à Boali, la rentrée scolaire 2026-2027. La cérémonie, couplée à la Journée de l’enseignant, a été placée sous le thème : « Ensemble pour une éducation de qualité, inclusive et équitable ».
La ville de Boali, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, a accueilli le lancement officiel de la nouvelle année scolaire en République centrafricaine. La cérémonie a réuni les autorités nationales, les acteurs du système éducatif ainsi que les partenaires techniques et financiers.
L’UNICEF insiste sur la qualité des apprentissages
Prenant la parole au nom des partenaires de l’éducation, le représentant résident de l’UNICEF, Félix Ackebo, a salué les efforts engagés par le gouvernement centrafricain dans le secteur éducatif.
Il a toutefois relevé plusieurs défis persistants. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, notamment dans un contexte marqué par les crises, la pandémie de Covid-19 et les difficultés économiques, certains enfants restent encore éloignés de l’école, particulièrement dans les zones vulnérables.
La scolarisation des filles demeure également confrontée à des obstacles et les résultats d’apprentissage restent insuffisants.
Pour Félix Ackebo, l’objectif ne doit pas se limiter à faire entrer les enfants à l’école. Il s’agit surtout de leur permettre d’acquérir de véritables compétences.
« Chaque enfant doit pouvoir lire et comprendre, s’exprimer avec confiance, résoudre des problèmes et acquérir les compétences nécessaires pour devenir un citoyen actif et contribuer au développement du pays », a-t-il déclaré.
Il a, dans cette perspective, appelé à renforcer la gouvernance du système éducatif et à accroître son financement, à travers des investissements nationaux plus importants, prévisibles et durables, tout en maintenant l’appui des partenaires internationaux.
1 500 enseignants et 3 millions de manuels annoncés
Dans son discours, Faustin-Archange Touadéra a présenté l’éducation comme une responsabilité collective et un investissement stratégique pour la paix, la stabilité et le développement de la République centrafricaine.
Le chef de l’État a annoncé l’intégration de 1 500 enseignants, ainsi que la mise à disposition de 3 millions de nouveaux manuels de français et de mathématiques.
Il a également annoncé le recrutement et la formation prochaine de plus de 500 enseignants dans les disciplines scientifiques, notamment les mathématiques, la physique et les sciences de la vie et de la Terre.
Ces mesures viennent s’ajouter à plusieurs actions engagées dans le secteur, notamment la construction et l’équipement d’établissements scolaires, la création de secteurs scolaires, la formation des enseignants, la distribution de manuels et le développement des infrastructures de formation.
Les filles et les enfants vulnérables au cœur des priorités
Le président centrafricain a également insisté sur l’amélioration de la qualité des apprentissages, la formation continue des enseignants et l’éducation des filles.L’inclusion des enfants vulnérables figure également parmi les priorités annoncées, tout comme l’adaptation de la législation éducative aux transformations numériques et sociales.
Les disparitions d’élèves de Boali évoquées
La cérémonie a par ailleurs été marquée par l’évocation de la disparition inexpliquée d’élèves du Lycée moderne de Boali.
Faustin-Archange Touadéra a exprimé sa compassion aux familles concernées et demandé au gouvernement de mener des enquêtes sanitaires, médicales et judiciaires afin de faire toute la lumière sur cette situation.
Un appel à la mobilisation collective
En conclusion, le chef de l’État a appelé l’ensemble des acteurs, pouvoirs publics, enseignants, parents, élèves et partenaires à unir leurs efforts pour construire une école au service de la paix, de la cohésion sociale et du développement national.
À Boali, le lancement de la rentrée scolaire 2026-2027 aura ainsi été marqué par plusieurs annonces en faveur du renforcement du corps enseignant et de l’amélioration des ressources pédagogiques, mais aussi par le rappel des défis qui restent à relever pour garantir une éducation véritablement inclusive et de qualité en République centrafricaine.





