Corée du Sud : Des organisations internationales alertent sur les libertés religieuses et la liberté d’expression

Les libertés de religion ou de conviction et d’expression en Corée du Sud suscitent de nouvelles inquiétudes au sein de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Réunies vendredi au Seoul Foreign Correspondents’ Club, Human Rights Without Frontiers (HRWF), CAP Liberté de Conscience (CAP LC), FOREF, CESNUR et Bitter Winter ont appelé les autorités sud-coréennes à garantir une application « neutre, proportionnée et conforme au droit international » des mesures visant les minorités religieuses.

Les libertés de religion ou de conviction et d’expression en Corée du Sud suscitent de nouvelles inquiétudes au sein de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains. Réunies vendredi au Seoul Foreign Correspondents’ Club, Human Rights Without Frontiers (HRWF), CAP Liberté de Conscience (CAP LC), FOREF, CESNUR et Bitter Winter ont appelé les autorités sud-coréennes à garantir une application « neutre, proportionnée et conforme au droit international » des mesures visant les minorités religieuses.

Au centre des préoccupations figure notamment la détention provisoire de Lee Man-hee, président de Shincheonji, âgé de 95 ans. Les participants à la conférence ont questionné la proportionnalité de cette mesure au regard de son âge, de son état de vulnérabilité et du principe de présomption d’innocence. Le cas de Hak-ja Han Moon, 83 ans, figure également parmi les situations évoquées par les organisations.

Pour les intervenants, ces affaires ne doivent pas être considérées isolément. Elles s’inscriraient dans un contexte plus large de tensions autour de l’exercice de la liberté religieuse en Corée du Sud. La situation de l’Église Segero à Busan, qui ferait l’objet de surveillance et de pressions malgré la libération de son pasteur, ainsi que les débats autour de l’objection de conscience, d’un projet de mosquée à Daegu et de la liberté religieuse dans les établissements scolaires ont notamment été cités.

La détention de Lee Man-hee au cœur des critiques

Thierry Valle, président de CAP Liberté de Conscience, a mis en avant les engagements internationaux de la Corée du Sud, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention contre la torture. Selon lui, le maintien en détention provisoire d’une personne de 95 ans mérite un examen particulier au regard de la nécessité, de la proportionnalité et des garanties fondamentales.

Dans le même sens, Michael Langhans, directeur exécutif de FOREF Allemagne, a interrogé la nécessité de maintenir Lee Man-hee derrière les barreaux alors que, selon les organisateurs, les éléments du dossier permettraient déjà d’envisager une mise en accusation. Il a également appelé à s’assurer que l’enquête soit conduite de manière impartiale et ne soit pas influencée par une présentation de la communauté religieuse concernée comme une « secte » ou un « culte ».

Les intervenants ont évoqué l’existence de mesures alternatives à la détention, notamment l’assignation à résidence, qu’ils considèrent comme potentiellement plus adaptées à la situation d’une personne très âgée accusée d’une infraction non violente.

Une inquiétude qui dépasse les frontières sud-coréennes

La conférence a également mis en avant la dimension internationale de l’affaire Shincheonji. Márk Nemes, directeur adjoint du CESNUR, a souligné que le mouvement compte des fidèles dans plusieurs régions du monde et que les tensions auxquelles il fait face en Corée du Sud pourraient avoir des répercussions sur ses membres à l’étranger.

Massimo Introvigne, directeur général du CESNUR et rédacteur en chef de Bitter Winter, a pour sa part estimé que l’arrestation de Lee Man-hee constituait un signal préoccupant pour la protection des minorités religieuses. Il a notamment invoqué les principes contenus dans les normes internationales relatives au traitement des détenus âgés et appelé à privilégier, lorsque cela est possible, des mesures alternatives à l’incarcération.

Hans Noot, directeur adjoint de HRWF, a insisté sur la portée générale du débat. Selon lui, la conférence n’avait pas pour objectif de défendre une doctrine religieuse particulière, mais de rappeler un principe fondamental : les droits et libertés doivent bénéficier à tous, y compris aux groupes minoritaires et controversés.

Les organisations présentes ont finalement appelé Séoul, les médias et la communauté internationale à suivre attentivement l’évolution de ces dossiers, en accordant une attention particulière au respect de la procédure régulière, à la présomption d’innocence et au principe de proportionnalité. À l’issue de la conférence, les experts et universitaires présents ont signé une lettre demandant au gouvernement sud-coréen de mettre fin à la détention provisoire de Lee Man-hee.

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