À la veille du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Tchad, le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, a livré un message à la Nation placé sous le signe de la mémoire, de l’unité et de la responsabilité collective. Dans son adresse, le chef de l’État a rendu hommage aux pères fondateurs de la Nation ainsi qu’aux héros connus et anonymes ayant contribué, au prix de sacrifices, à la construction du pays. Il a également salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité dans la protection du territoire national.
Le président tchadien a surtout insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale dans un pays marqué par plusieurs décennies de crises. Il a appelé les Tchadiens à dépasser leurs divergences et à faire de la diversité une force plutôt qu’un facteur de division. Les conflits intercommunautaires figurent parmi ses principales préoccupations. Mahamat Idriss Déby a dénoncé les violences liées notamment à l’accès aux ressources, à la circulation des armes, aux défaillances judiciaires et administratives ainsi qu’aux manipulations politiques et extérieures. Il préconise désormais de privilégier la prévention, la réconciliation et une justice plus rapide afin de lutter contre l’impunité.
Le chef de l’État a également appelé les chefs traditionnels, les responsables religieux, les acteurs politiques et les médias à jouer pleinement leur rôle dans la consolidation de la cohésion sociale. Il a annoncé, dans le même temps, la poursuite de la modernisation des Forces de défense et de sécurité à travers l’amélioration de leurs équipements, de leur formation et de leurs conditions de vie.
Sur le terrain politique, le président s’est félicité du retour du Tchad à l’ordre constitutionnel après la transition et a présenté la participation des différents acteurs politiques aux dernières échéances électorales comme une avancée démocratique. Il a plaidé pour un dialogue politique plus inclusif, appelant notamment à intégrer les formations politiques restées en marge du processus. « Les adversaires politiques ne sont pas des ennemis », a-t-il martelé, tout en exhortant les responsables politiques à privilégier le consensus.
Sur le plan socio-économique, Mahamat Idriss Déby a réaffirmé que l’amélioration des conditions de vie demeure la priorité de son mandat. L’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé, à l’éducation, aux infrastructures et à l’emploi figurent parmi les principaux chantiers évoqués. Il a également promis de renforcer la décentralisation et demandé au gouvernement d’accélérer le transfert de compétences et de ressources aux collectivités autonomes.
La gouvernance et la lutte contre la corruption ont occupé une place importante dans son discours. Le président a appelé les responsables publics à assumer leurs responsabilités et annoncé qu’il amplifierait ses descentes inopinées, avec des sanctions à la clé en cas de manquements. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources publiques, rappelant que chaque franc de l’État doit servir à répondre aux besoins des populations.
Dans le domaine économique, le chef de l’État entend poursuivre la diversification de l’économie au-delà du pétrole, en misant notamment sur l’agriculture, l’élevage, l’énergie, le numérique, les infrastructures et l’entrepreneuriat. Il a appelé les opérateurs économiques tchadiens à investir davantage dans leur pays et a placé la jeunesse au cœur de cette ambition. Aux jeunes, il a demandé de croire en leurs capacités et de prendre part dès aujourd’hui à la construction du Tchad.
Autre annonce majeure de cette adresse à la Nation : le président de la République a indiqué qu’il prendra, conformément aux prérogatives que lui confère la Constitution, un acte de grâce présidentielle en faveur de plusieurs compatriotes condamnés. Cette décision, présentée comme un geste en faveur de la paix sociale, de la réconciliation et du pardon, s’inscrit dans la continuité de la politique de « main tendue » défendue par le chef de l’État.
À travers ce message d’indépendance, Mahamat Idriss Déby a ainsi voulu placer le 11 août au-delà de la simple commémoration historique. Il en fait un moment d’introspection collective et de projection vers l’avenir, avec un appel renouvelé à l’unité, à la paix, à la bonne gouvernance et au développement. Pour le président, le défi des prochaines années sera de transmettre aux générations futures un Tchad « plus fort, plus juste, plus prospère, plus uni et plus souverain ».





