À N’Djaména, la Journée mondiale des enseignants a été marquée cette année par la discrétion, sur fond de tensions syndicales. Abdelkader Djibia, secrétaire général de la section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad (SET), dénonce les difficultés persistantes du secteur tout en appelant ses collègues à rester fiers de leur vocation.
La célébration du 5 octobre n’a pas eu l’éclat habituel dans la capitale tchadienne. Alors que cette journée est consacrée à la reconnaissance du rôle essentiel des enseignants dans la construction des sociétés, les membres de la section provinciale du SET à N’Djaména l’ont vécue sans rassemblement collectif.
Selon Abdelkader Djibia, cette situation découle d’une suspension qui frappe actuellement la section provinciale, sur décision du bureau exécutif national. Une mesure qui, affirme-t-il, empêche les responsables syndicaux d’organiser des activités officielles.
« Cette année, la fête a manqué à N’Djaména parce qu’il y a une suspension qui nous empêche de mener nos activités », déplore-t-il. Le responsable syndical affirme également que les membres de la section ont été expulsés de leurs bureaux par les forces de l’ordre. Une situation qu’il présente comme inédite dans l’histoire du syndicat dans la capitale.
Des classes surchargées et des infrastructures insuffisantes
Au-delà des tensions syndicales, Abdelkader Djibia insiste sur les difficultés auxquelles les enseignants sont confrontés quotidiennement. Il pointe notamment la surcharge des salles de classe, avec des effectifs pouvant dépasser une centaine d’élèves, ainsi que l’insuffisance des infrastructures scolaires.
L’absence d’électricité dans plusieurs salles et le manque d’équipements sanitaires adéquats figurent également parmi les préoccupations soulevées par le responsable du SET. Pour lui, ces conditions compromettent les efforts déployés pour améliorer la qualité de l’éducation.
« Pour qu’il y ait un système éducatif de qualité et durable, il faut des enseignants rassasiés, bénéficiant de bonnes conditions de vie et de travail », soutient-il, appelant les pouvoirs publics à accorder davantage de moyens au secteur éducatif.
« Nous sommes fièrement les bâtisseurs de la nation »
Malgré les difficultés, le secrétaire général provincial du SET refuse de céder au découragement. À l’occasion de cette journée dédiée à la profession enseignante, il rappelle la place centrale des éducateurs dans la formation des générations futures.
« Les enseignants sont les bâtisseurs de la nation, souvent dans l’ombre », affirme-t-il, soulignant que leur travail contribue à former les médecins, les dirigeants et les différentes élites du pays.
Dans un contexte marqué à la fois par les défis du système éducatif et les tensions syndicales, Abdelkader Djibia invite ainsi les enseignants à préserver leur dignité et leur engagement. « Soyons fiers de notre métier et de notre vocation noble. Malgré les épreuves, nous restons debout », lance-t-il.
À N’Djaména, cette Journée mondiale des enseignants aura donc été moins une journée de festivités qu’un moment pour rappeler les réalités d’une profession essentielle, mais encore confrontée à de nombreux défis.




