Le gouvernement du Niger a annoncé la suspension immédiate de diffusion et d’activité de dix médias français sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, rendue publique par les autorités nigériennes, concerne plusieurs grands groupes de presse et médias internationaux francophones.
Parmi les organes visés figurent France 24, RFI, TV5 Monde, AFP, Jeune Afrique ainsi que Mediapart. Selon les autorités, ces médias auraient diffusé à plusieurs reprises des contenus jugés contraires aux intérêts du pays.
Dans leur communiqué, les responsables nigériens accusent les médias concernés de propager des informations qui « menacent l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions de l’État ». Le gouvernement estime que certaines publications et émissions participeraient à alimenter les tensions politiques et sociales dans le pays.
La mesure d’interdiction couvre plusieurs canaux de diffusion. Elle s’applique notamment aux transmissions par satellite et par câble, mais aussi aux plateformes numériques, aux sites internet et aux applications mobiles des médias concernés. Cette décision élargit ainsi le contrôle de l’information aussi bien dans les médias traditionnels que dans l’espace numérique.
Cette nouvelle restriction médiatique intervient dans un contexte de dégradation des relations entre le Niger et la France depuis le changement de régime à Niamey. Les autorités nigériennes multiplient depuis plusieurs mois les prises de distance avec Paris, sur les plans diplomatique, militaire et médiatique.
Le climat anti-français observé dans plusieurs pays du Sahel continue également de se renforcer. Avant le Niger, des décisions similaires avaient déjà été prises par le Mali et le Burkina Faso, où certains médias français avaient été suspendus ou interdits de diffusion. Ces mesures traduisent une volonté croissante des autorités sahéliennes de reprendre le contrôle du paysage médiatique national et de limiter l’influence des médias étrangers.
Cette décision suscite déjà des réactions dans les milieux de la presse et des défenseurs de la liberté d’expression, qui craignent une restriction accrue de l’accès à l’information dans la région.




