À l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, UNESCO a décerné, ce 1er mai 2026, le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano au Syndicat des journalistes soudanais. Une distinction hautement symbolique qui met en lumière le combat quotidien des professionnels des médias au Soudan, plongé dans un conflit qui fragilise profondément son écosystème médiatique.
Cette annonce intervient à quelques jours de la conférence mondiale de l’organisation, prévue du 4 au 6 mai à Lusaka, en Zambie. Elle vise à attirer l’attention de la communauté internationale sur les défis extrêmes auxquels font face les journalistes soudanais. Selon les données disponibles, près de 90 % des infrastructures de presse du pays auraient été détruites par la guerre, réduisant drastiquement les capacités de production et de diffusion de l’information.
Sur le terrain, exercer le métier de journaliste est devenu un véritable acte de courage. Arrestations arbitraires, menaces constantes, coupures d’Internet : les obstacles se multiplient. Nombre de professionnels ont été contraints de fuir ou d’abandonner leur activité, tandis que ceux qui restent travaillent dans des conditions précaires, souvent sans ressources ni protection.
Pour Abdelmoniem Abuedries Ali, président du Syndicat des journalistes soudanais, cette reconnaissance internationale est dédiée à l’ensemble des acteurs des médias qui « défendent la vérité et la liberté de la presse dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses ». Il souligne que, malgré les pressions, le journalisme indépendant demeure un pilier essentiel de la démocratie.
Le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, a pour sa part salué « le courage exceptionnel et le dévouement sans faille » des journalistes soudanais. Selon lui, leur engagement permet de maintenir un accès à des informations fiables et vitales, contribuant ainsi à la transparence, à la responsabilité et, à terme, à la paix.
Au-delà du cas du Soudan, l’UNESCO tire la sonnette d’alarme sur une tendance mondiale préoccupante. La liberté d’expression aurait reculé de 10 % depuis 2012, tandis que l’autocensure progresse fortement. Les journalistes, en particulier les femmes, sont de plus en plus exposés aux violences en ligne et aux poursuites judiciaires abusives.
Dans ce contexte global de recul, le Prix UNESCO/Guillermo Cano 2026 apparaît comme un appel à la mobilisation internationale pour la protection des journalistes et la défense d’une information libre, indépendante et pluraliste. Un enjeu crucial à l’heure où, dans de nombreuses régions du monde, informer reste un combat quotidien.

