Moissala : un dialogue communautaire relancé pour apaiser les tensions entre agriculteurs et éleveurs

Dans le département du Barh Sara, à Moissala, les acteurs locaux ont remis la concertation au cœur de la gestion des ressources naturelles. Ce lundi 4 mai 2026, un forum communautaire a réuni autorités administratives, chefs traditionnels, agriculteurs, éleveurs et acteurs du développement autour d’un objectif commun : prévenir et désamorcer les conflits liés à l’accès à la terre, à l’eau et aux zones de pâturage, dans une région où ces tensions deviennent de plus en plus récurrentes.

Dans le département du Barh Sara, à Moissala, les acteurs locaux ont remis la concertation au cœur de la gestion des ressources naturelles. Ce lundi 4 mai 2026, un forum communautaire a réuni autorités administratives, chefs traditionnels, agriculteurs, éleveurs et acteurs du développement autour d’un objectif commun : prévenir et désamorcer les conflits liés à l’accès à la terre, à l’eau et aux zones de pâturage, dans une région où ces tensions deviennent de plus en plus récurrentes.

Initiée par l’APLFT dans le cadre du projet NexSud, avec l’appui de partenaires techniques et financiers tels que la France, l’AFD et l’Union européenne, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de prévention durable des conflits communautaires. Les échanges ont mis en lumière une réalité préoccupante : la pression croissante sur les ressources naturelles, accentuée par les effets du changement climatique et la croissance démographique, fragilise davantage la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs.

Si ces tensions ne sont pas nouvelles dans le sud du Tchad, plusieurs participants ont relevé une aggravation de leur fréquence et de leur intensité ces dernières années. Une évolution qui complique la gestion des espaces ruraux et met à rude épreuve les mécanismes traditionnels de régulation.

Prenant la parole, le chef de canton de Moissala, Djimasra Nassar Tatala, a rappelé qu’autrefois, les règles coutumières structuraient l’usage des terres et facilitaient la coexistence. Les couloirs de transhumance étaient clairement définis et respectés, tandis que les différends trouvaient des solutions au niveau local, sous l’arbitrage des autorités traditionnelles. Aujourd’hui, a-t-il déploré, ces équilibres sont fragilisés par la mobilité accrue des troupeaux, la réduction des terres cultivables et les incompréhensions autour de l’utilisation des résidus agricoles.

Face à ce constat, le forum a servi de cadre de dialogue direct entre les communautés concernées. Les participants ont exploré plusieurs pistes de solutions, notamment la délimitation concertée des couloirs de transhumance, la création de “puits de la paix” pour sécuriser l’accès à l’eau, ainsi que l’élaboration d’engagements communs en faveur d’une coexistence apaisée.

Pour les autorités locales, à l’instar du préfet Ahmat Ismael, la stabilité sociale du département repose sur une responsabilité collective. Il a insisté sur la nécessité pour tous les acteurs de s’impliquer activement dans la prévention des conflits afin de préserver durablement la paix et la cohésion entre les communautés de Moissala.

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