L’Afrique abordera les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 avec un sentiment mêlé de satisfaction et d’attente. Jamais auparavant autant de sélections africaines n’avaient franchi le premier tour de la compétition. Cette performance collective marque une étape importante pour le football du continent, mais elle ouvre désormais la porte à un défi d’une tout autre ampleur : confirmer cette dynamique face aux grandes nations du football mondial.
Parmi les équipes qualifiées, l’Afrique du Sud s’est distinguée par son pragmatisme plutôt que par son éclat. Sans proposer le jeu le plus séduisant du tournoi, les Bafana Bafana ont fait preuve de discipline, de rigueur et d’efficacité dans un groupe particulièrement disputé. Leur parcours rappelle qu’en Coupe du monde, la capacité à engranger les points au moment opportun peut s’avérer plus déterminante que le spectacle offert sur le terrain.
À l’opposé, la Tunisie quitte la compétition avec un lourd bilan. Les Aigles de Carthage sont la seule sélection africaine éliminée dès la phase de groupes après trois défaites convaincantes. Cette campagne difficile a également été marquée par un changement d’entraîneur en plein tournoi, illustrant les profondes turbulences qui secouent le football tunisien. Au-delà des résultats sportifs, cette élimination met en lumière des problèmes persistants liés à la gouvernance, à l’instabilité institutionnelle et aux critiques visant la gestion de la fédération nationale.
La suite de la compétition permettra de mesurer la véritable portée des progrès africains. Plusieurs affiches de prestige attendent les représentants du continent : le Maroc défiera les Pays-Bas, le Sénégal croisera la Belgique, la Côte d’Ivoire sera opposée à la Norvège, la RD Congo affrontera l’Angleterre, l’Algérie retrouvera la Suisse, le Cap-Vert fera face à l’Argentine et le Ghana se mesurera à la Colombie. De son côté, l’Égypte héritera de l’Australie, un adversaire jugé plus accessible, mais dont la solidité pourrait compliquer la tâche des Pharaons.
Ces confrontations constitueront un véritable révélateur. Si plusieurs sélections africaines parviennent à atteindre les huitièmes de finale, le continent pourra revendiquer une progression tangible sur la scène mondiale. Dans le cas contraire, le record de qualifications conservera son caractère historique, mais devra être relativisé au regard des résultats obtenus lors des matchs à élimination directe, où se joue la véritable dimension d’une grande Coupe du monde.




