Le président français Emmanuel Macron a plaidé, mardi à Nairobi, pour une relation « totalement renouvelée » entre la France et les pays africains, à l’occasion de la clôture du sommet Africa Forward. Coorganisé avec le président kényan William Ruto, ce rendez-vous de haut niveau a réuni 35 chefs d’État et de gouvernement ainsi que des milliers d’acteurs économiques autour des enjeux d’investissement, de souveraineté et de réforme financière internationale.
Face aux dirigeants africains et aux représentants du secteur privé, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de bâtir un partenariat « d’égal à égal », rompant avec les anciennes logiques de coopération. Selon lui, l’Afrique représente aujourd’hui « le continent le plus jeune et à la plus forte croissance », appelant ainsi les investisseurs internationaux à renforcer leur présence sur le continent.
Le sommet s’est achevé sur l’annonce de 23 milliards d’euros d’investissements privés portés conjointement par des entreprises africaines et françaises. Dans cette dynamique, une coalition baptisée « Africa-France Impact Coalition » (AfIC), regroupant une quarantaine de dirigeants d’entreprises, a été lancée afin de consolider les échanges économiques et les projets d’investissement à long terme.
Les discussions ont également porté sur la réforme de l’architecture financière mondiale. Paris et Nairobi ont annoncé vouloir défendre ensemble, lors du prochain sommet du G7, une déclaration commune en faveur d’un système financier international plus favorable aux économies africaines.
Afin de rassurer les investisseurs confrontés aux risques perçus sur le continent, la France a annoncé son entrée au capital de Agence pour l’assurance du commerce en Afrique, une institution soutenue par la Banque africaine de développement. Cette structure devra mettre en place des mécanismes de garantie financière capables d’absorber les premières pertes et de stimuler les investissements internationaux en Afrique.
Sur les questions sécuritaires, les participants ont réaffirmé le principe selon lequel « les solutions africaines doivent être au cœur des crises africaines ». Emmanuel Macron a assuré que la France entendait demeurer un partenaire d’appui, tout en mettant en avant le respect de la souveraineté des États africains et la fin des ingérences extérieures.
Plusieurs initiatives sectorielles destinées à renforcer la souveraineté économique et stratégique du continent ont enfin été dévoilées. Pour les organisateurs, le sommet Africa Forward marque une volonté de co-construction entre l’Afrique et ses partenaires, dans un contexte mondial marqué par les défis économiques, sécuritaires et climatiques.



