En visite dans l’est du Tchad, le Haut Commissaire adjoint du HCR chargé des opérations, Raouf Mazou, a évalué jeudi les conditions d’accueil des réfugiés soudanais ainsi que les dispositifs humanitaires mis en place dans cette région fortement affectée par la crise au Soudan. Cette mission lui a permis d’échanger directement avec les réfugiés, les autorités sanitaires et les partenaires humanitaires afin de mesurer les défis auxquels sont confrontées les populations déplacées et les communautés hôtes.
Sa visite a débuté dans la zone frontalière d’Adré, où le HCR a récemment déplacé son centre d’enregistrement vers un nouveau site. Sur place, Raouf Mazou a rencontré plusieurs femmes réfugiées ayant fui les violences au Soudan avec leurs enfants. Profondément marqué par leurs témoignages, il a évoqué des parcours marqués par la peur, les longues marches à pied vers le Tchad et les séparations familiales. Selon lui, de nombreuses femmes restent sans nouvelles de leurs époux depuis leur fuite.
Accompagné de la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Tchad, Docteur Marie-Chantal Kambre-Diarra, le responsable du HCR a également visité le Centre intégré de services multisectoriels (CISM) de l’hôpital de district d’Adré ainsi que le Centre de santé Nord. Ces structures assurent la prise en charge des réfugiés comme des populations locales, mais souffrent d’un déficit important en personnel médical, en équipements et en médicaments. À cette occasion, Raouf Mazou a insisté sur la nécessité de renforcer durablement le système national de santé plutôt que de développer des services parallèles exclusivement destinés aux réfugiés.
La mission s’est poursuivie à Aboutengué, où le Haut Commissaire adjoint s’est entretenu avec des réfugiés engagés dans des activités économiques, notamment au sein d’une unité de transformation d’huile et sur le marché local. Il a salué la capacité de nombreux réfugiés à reconstruire leur vie grâce à l’entrepreneuriat, en développant des activités de production et de commercialisation de produits laitiers, d’huile de cuisson, d’objets artisanaux et d’autres initiatives génératrices de revenus. Selon lui, cette dynamique favorise également le développement de l’économie locale en créant des échanges avec les commerçants tchadiens.
La visite de Raouf Mazou se poursuit jusqu’à samedi. Son programme prévoit plusieurs rencontres avec les autorités tchadiennes, les agences des Nations Unies ainsi que des représentants du secteur privé afin d’examiner les perspectives de renforcement de la réponse humanitaire et de soutien aux communautés affectées par la crise soudanaise.




