Dans un communiqué publié le 25 avril 2026 depuis Paris, la section politique de Wakit Tama condamne avec vigueur la dissolution du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) par la Cour suprême. L’organisation y voit une décision « arbitraire » et « dénuée de fondement judiciaire », qu’elle interprète comme une manœuvre destinée à empêcher la tenue d’une manifestation prévue dans les prochains jours.
Selon Wakit Tama, cette dissolution intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes et traduirait une volonté du pouvoir d’entraver toute mobilisation populaire. Le mouvement accuse les autorités d’avoir recours à une « justice aux ordres » pour neutraliser l’opposition, dénonçant une instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins politiques. « Ce n’est pas un acte de justice, mais une décision politique déguisée », affirme le communiqué.
L’organisation va plus loin en dénonçant ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire », évoquant une stratégie visant à éliminer progressivement les contre-pouvoirs. Elle rappelle que d’autres structures, dont elle-même, ont déjà fait l’objet de mesures de suspension ou de dissolution ces derniers mois. Pour Wakit Tama, cette nouvelle décision marque une étape supplémentaire dans la restriction de l’espace démocratique au Tchad.
Le communiqué fait également état d’un climat de pression accrue sur les acteurs de l’opposition, évoquant des arrestations, des filatures et des intimidations. Le mouvement établit un parallèle avec les pratiques de l’ancienne Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), tristement célèbre sous le régime de Hissène Habré, estimant que « des méthodes de terreur » refont surface.
Face à cette situation, Wakit Tama exige l’annulation immédiate de la dissolution du GCAP, la fin des pratiques qu’elle juge répressives et la réouverture d’un espace démocratique « réel ». Le mouvement affirme par ailleurs sa détermination à poursuivre ses actions de dénonciation, malgré les restrictions.
Ce communiqué intervient alors que la scène politique tchadienne est marquée par une montée des tensions entre le pouvoir et plusieurs organisations de la société civile et partis d’opposition, sur fond de contestations liées aux libertés publiques et au droit de manifester.


