La chambre criminelle du Palais de justice de N’Djamena a rendu ce mercredi son verdict dans le procès du général tchadien Abdoulaye Miskine, naturalisé centrafricain. L’ancien chef rebelle a été condamné à 15 ans de prison ferme, au terme de plusieurs jours d’audience consacrés à l’examen des charges retenues contre lui.
La juridiction a également ordonné le versement de 30 millions de francs CFA par famille de victimes au titre des réparations. Ses trois coaccusés, Abdel-Azize Groh, Adam Rakhis et Rongo Djouma, écopent chacun de 10 ans de prison ferme.
Ce verdict intervient après l’audience criminelle du 4 septembre dernier. Durant les débats, le ministère public avait requis une peine de 30 ans de prison ferme contre Abdoulaye Miskine et 10 ans contre ses coaccusés, poursuivis notamment pour des faits liés à une tentative de création ou de résurrection de mouvements.
La partie civile avait, pour sa part, sollicité une indemnisation de 24 milliards de francs CFA, invoquant l’ampleur des préjudices subis par les victimes.
La défense avait fermement contesté les accusations, mettant notamment en avant l’incompétence territoriale des juridictions tchadiennes. Selon les avocats, une partie des faits reprochés aurait été commise en République centrafricaine. Ils avaient également soulevé la prescription des faits, certains remontant à 2002, ainsi que l’absence de preuves matérielles jugées suffisantes pour établir les responsabilités des prévenus.
Avec la décision rendue ce 9 septembre, la chambre criminelle clôt cette phase judiciaire. Le dossier pourrait toutefois connaître de nouveaux développements si les condamnés exercent les voies de recours prévues par la législation tchadienne.




