Les principales organisations faîtières de la presse privée tchadienne tirent la sonnette d’alarme sur la situation économique des médias et réclament des mesures urgentes des pouvoirs publics. Réunies ce mercredi à N’Djaména, l’Union des Radios Privées du Tchad (URPT), le Patronat de la Presse Tchadienne (PPT), l’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) et l’Association des Éditeurs de la Presse Privée du Tchad (AEPT) dénoncent notamment le retard dans le paiement de l’aide à la presse, qui, selon elles, accuse désormais deux années d’arriérés, sans compter les années antérieures.
Dans un communiqué conjoint, les quatre organisations estiment que la dégradation des conditions économiques des entreprises de presse fragilise davantage l’exercice du métier et la pérennité des médias privés. Elles rappellent que les médias jouent un rôle essentiel dans l’information et la sensibilisation des citoyens et considèrent, à ce titre, que l’aide à la presse ne constitue pas une simple faveur, mais un mécanisme prévu par les textes. Elles demandent ainsi aux autorités de verser immédiatement et régulièrement la subvention à la presse, de renforcer les mécanismes de soutien aux médias privés et d’améliorer les conditions de travail des professionnels du secteur.
Les organisations sollicitent également l’instauration d’un cadre de dialogue permanent entre les pouvoirs publics et les acteurs de la presse, ainsi que des mesures destinées à favoriser la pérennisation des entreprises médiatiques au Tchad. Elles rappellent au Premier ministre et à son gouvernement que ces revendications s’inscrivent dans le prolongement des engagements pris par le président de la République lors de ses échanges avec les professionnels des médias.
Face à l’absence de réponse concrète, les organisations faîtières accordent aux pouvoirs publics un bref délai pour donner suite à leurs demandes. À défaut, elles annoncent qu’elles se réservent le droit d’engager des actions légales, pacifiques et concertées, pouvant notamment aller jusqu’à des journées sans presse ou toute autre forme de mobilisation professionnelle autorisée par les lois et règlements. Elles réaffirment toutefois leur disponibilité au dialogue et à la concertation, tout en se disant déterminées à défendre les intérêts des médias tchadiens.




