La capitale économique ivoirienne est devenue, le temps d’une journée, l’épicentre des réflexions africaines sur l’identité numérique. L’édition 2026 de l’Assemblée générale annuelle de ID4Africa s’est ouverte ce mardi au Parc des Expositions de Port-Bouët, sous le thème : « Identité numérique : des infrastructures publiques numériques aux écosystèmes publics numériques ». La cérémonie a été présidée par le Vice-Président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, en présence de plusieurs délégations internationales.
Dans son intervention, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, a réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire à bâtir progressivement un écosystème d’identité numérique interopérable, sécurisé et respectueux des libertés individuelles et de la protection des données personnelles.
Selon lui, cette architecture numérique vise à transformer en profondeur la relation entre l’État et les citoyens. Elle permettra notamment « l’authentification sécurisée en ligne, l’accès simplifié aux services publics numériques, la signature électronique, la dématérialisation des procédures administratives, ainsi que l’échange sécurisé de données entre administrations habilitées ».
L’identité numérique comme levier d’inclusion sociale
Au-delà de la modernisation administrative, le ministre a insisté sur la dimension sociale de ce projet. L’identité numérique est, selon lui, un outil stratégique de réduction des inégalités, facilitant l’accès aux services essentiels tels que la santé, l’éducation, l’emploi formel, les assurances ou encore les programmes sociaux ciblés.
« Elle devient un levier concret d’inclusion et de justice sociale », a-t-il souligné, en rappelant que l’identité n’est plus seulement un instrument administratif mais une véritable infrastructure de développement.
Cette vision s’inscrit dans la stratégie portée au plus haut niveau de l’État ivoirien sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, qui a engagé depuis plusieurs années une transformation structurelle du système d’identification national.
Trois piliers de la transformation ivoirienne
Le ministre Vagondo Diomandé a détaillé les fondements de cette réforme, articulée autour de trois axes majeurs : la modernisation de l’état civil, la mise en place d’un système d’identification fiable et la digitalisation progressive des services publics.
Il a notamment évoqué les efforts engagés pour garantir l’enregistrement effectif des faits d’état civil sur l’ensemble du territoire, la production de titres sécurisés conformes aux standards internationaux, ainsi que la structuration du Registre National des Personnes Physiques, appelé à devenir un socle d’identité unique et authentifiable.
Sécurité et développement au cœur du projet
Pour le gouvernement ivoirien, la généralisation d’une identité numérique fiable représente également un enjeu sécuritaire majeur. Elle doit contribuer à renforcer la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale, sécuriser les frontières, améliorer la gestion migratoire et fiabiliser les enquêtes administratives.
En toile de fond, l’objectif affiché est de bâtir un État plus efficace, mieux connecté et capable de répondre aux défis contemporains de gouvernance.
ID4Africa salue l’initiative ivoirienne
Prenant la parole, le président-directeur général de Joseph J. Atick s’est félicité de la tenue de cette rencontre à Abidjan, saluant le rôle moteur de la Côte d’Ivoire dans le débat africain sur l’identité numérique. L’événement est rythmé par des panels techniques et des expositions dédiées aux innovations du secteur.
Selon lui, l’Afrique est désormais engagée dans une transition irréversible vers des écosystèmes numériques intégrés, où l’identité constitue la clé d’accès à l’ensemble des services publics et privés.



