Au Sommet Africa Forward, António Guterres appelle à une refonte du système mondial au profit de l’Afrique

À l’ouverture du Sommet Africa Forward, organisé ce 12 mai à Nairobi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a livré un plaidoyer fort en faveur d’une réforme profonde de l’architecture financière mondiale et d’un partenariat plus équitable entre l’Afrique et le reste du monde. Devant plusieurs chefs d’État africains et européens, dont William Ruto et Emmanuel Macron, il a salué « une Afrique qui avance » et qui « montre la voie » dans les grands débats internationaux.

À l’ouverture du Sommet Africa Forward, organisé ce 12 mai à Nairobi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a livré un plaidoyer fort en faveur d’une réforme profonde de l’architecture financière mondiale et d’un partenariat plus équitable entre l’Afrique et le reste du monde. Devant plusieurs chefs d’État africains et européens, dont William Ruto et Emmanuel Macron, il a salué « une Afrique qui avance » et qui « montre la voie » dans les grands débats internationaux.

Dans une allocution marquée par un ton engagé, le chef des Nations Unies a estimé que le système économique mondial, conçu après 1945 sans réelle prise en compte du continent africain, continue de produire des injustices structurelles. Il a dénoncé un ordre international qui prive encore l’Afrique d’une représentation équitable dans les institutions financières et au Conseil de sécurité de l’ONU, malgré une population dépassant 1,5 milliard d’habitants.

António Guterres a mis en avant le rôle moteur joué par les pays africains dans plusieurs initiatives internationales récentes. Il a notamment cité l’adoption du Pacte pour l’avenir à l’Assemblée générale des Nations Unies, la création de nouveaux mécanismes de négociation pour les pays endettés, ainsi que les efforts visant à réformer les systèmes de notation financière jugés défavorables aux économies africaines. Selon lui, le leadership africain contribue également à promouvoir une coopération fiscale internationale plus juste et à renforcer les capacités des banques multilatérales de développement.

Le secrétaire général a aussi insisté sur l’urgence climatique, rappelant que l’Afrique subit de plein fouet les conséquences d’un réchauffement dont elle n’est pourtant pas responsable. Il a dénoncé le faible niveau des investissements mondiaux dans les énergies propres sur le continent, malgré un potentiel solaire estimé à 60 % des meilleures capacités mondiales. « L’Afrique doit être au cœur de la justice climatique », a-t-il déclaré, soulignant que près de 600 millions d’Africains vivent encore sans accès à l’électricité.

Évoquant les ressources minières stratégiques du continent, António Guterres a plaidé pour la fin d’un modèle d’exploitation où les richesses africaines sont extraites sans bénéfices réels pour les populations locales. Il a appelé à des chaînes de valeur plus équitables, à la transformation locale des minerais critiques et au respect des normes environnementales et des droits humains. « Plus d’exploitation. Plus de pillage », a-t-il martelé, estimant que les peuples africains doivent être les premiers bénéficiaires des ressources de leur continent.

Le patron de l’ONU a enfin insisté sur la nécessité de bâtir un partenariat « d’égal à égal » entre l’Afrique et ses partenaires internationaux. Ce partenariat, a-t-il expliqué, doit soutenir les industries africaines, les universités, la recherche et le développement de l’intelligence artificielle à partir des réalités, des langues et des données africaines. Il a également salué la vitalité de la jeunesse africaine, qu’il considère comme l’un des principaux moteurs de transformation du XXIe siècle.

Concluant son intervention, António Guterres a rappelé que « lorsque l’Afrique réussit, le monde entier y gagne », appelant à davantage de solidarité internationale, à des investissements massifs et à des systèmes mondiaux plus justes pour accompagner les ambitions du continent africain.

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