Le préfet du département du Barh-Sara, Ismaël Ahmat Harane, a présidé, mardi 23 juin 2026 à Moïssala, une réunion de sensibilisation consacrée à la préservation de la paix sociale et à la mobilisation des populations en faveur du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3).
La rencontre a réuni les quatorze chefs de canton du département, les quatre sous-préfets, les responsables des forces de défense et de sécurité, les chefs de services déconcentrés de l’État, les représentants de la société civile, les leaders religieux ainsi que les associations de femmes et de jeunes.
À l’ouverture des travaux, le préfet a invité les participants à analyser les causes profondes des conflits récurrents dans le Barh-Sara afin d’identifier des solutions durables. Il a également partagé les conclusions de sa récente rencontre avec le Vice-Premier ministre à Moundou et rappelé les orientations contenues dans la note n°004/PR/PM/MATD/CAB/2026 du ministère de l’Administration du territoire.
Les échanges ont largement porté sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Le chef du service départemental de l’élevage a expliqué que ces tensions résultent principalement des litiges liés aux points d’eau, à l’implantation de champs dans les couloirs de transhumance et au non-respect des itinéraires pastoraux. Il a appelé les différentes parties à davantage de responsabilité afin de prévenir les affrontements.
De son côté, le président départemental du comité de gestion des conflits a souligné l’impact de la croissance démographique sur l’accès aux ressources naturelles et insisté sur la nécessité du respect de l’autorité de l’État. Plusieurs intervenants ont également exprimé leurs préoccupations sécuritaires, notamment concernant certains troupeaux confiés à des bouviers armés.
Le chef de canton de Koldaga a, pour sa part, attiré l’attention sur un différend foncier opposant sa chefferie à un groupe de cultivateurs installés dans sa zone. Estimant que la situation pourrait dégénérer en l’absence d’une intervention rapide, il a appelé les autorités à agir. Face à cette préoccupation, le sous-préfet de Moïssala, Kamingar Jean Robndoh, a plaidé pour la création d’une brigade de sécurité dans cette localité frontalière.
Les représentants de la jeunesse ont également dénoncé certaines pratiques liées à la prise en charge financière des déplacements des forces de l’ordre lors de leurs interventions.
En conclusion, le préfet du Barh-Sara a réaffirmé l’importance du vivre-ensemble, de la tolérance et de la cohabitation pacifique. Il a instruit les chefs de canton, les ferricks et les sous-préfets à relayer ces messages de paix auprès des communautés. Concernant le RGPH-3, il a exhorté les populations à réserver un accueil favorable aux agents recenseurs déployés sur le terrain depuis le 20 juin dernier.
La rencontre s’est achevée sur une note de fraternité, avec l’engagement des participants à œuvrer pour la stabilité sociale et la réussite du recensement dans le département.



