Santé publique : le Tchad renforce son dispositif de surveillance épidémiologique aux points d’entrée

Le directeur général de la santé publique, Dr Yam-madji Aliace, a procédé ce jeudi matin à Bakara au lancement des travaux d’un atelier consacré à un exercice de simulation sur table portant sur la gestion des données de la surveillance épidémiologique et la notification des cas au niveau de dix points d’entrée désignés, conformément au Règlement sanitaire international.


Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par des risques sanitaires persistants, liés notamment aux épidémies, aux mouvements transfrontaliers et aux crises humanitaires. Intervenant à cette occasion, le responsable de la préparation et de la réponse aux urgences à la représentation de Organisation mondiale de la santé au Tchad, Dr Idriss Maï Mahamat, a rappelé que « les urgences sanitaires actuelles, qu’elles soient liées aux épidémies, aux événements transfrontaliers ou aux crises humanitaires, démontrent clairement que la préparation opérationnelle demeure un pilier fondamental de la sécurité sanitaire ».


Il a souligné que le Tchad, en raison de son contexte épidémiologique, de sa position géographique et de l’intensité des flux migratoires, reste exposé à des risques permanents d’importation et de propagation de maladies à potentiel épidémique. Dans ce dispositif, les points d’entrée qu’il s’agisse des frontières terrestres, des aéroports ou des ports constituent des maillons stratégiques. « La détection précoce, la notification rapide et la coordination multisectorielle doivent y fonctionner sans délai et sans ambiguïté », a-t-il insisté, avertissant que toute défaillance pourrait entraîner des conséquences sanitaires, économiques et sociales majeures.


L’OMS, a-t-il poursuivi, accorde une attention particulière à la transformation des résultats de ces exercices en actions concrètes. Cela passe notamment par l’élaboration de plans d’amélioration des capacités, réalistes et hiérarchisés, assortis d’un suivi rigoureux dans le temps. Il a par ailleurs réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner le ministère de la Santé publique et de la Prévention dans le renforcement des capacités nationales, notamment en matière de préparation, de surveillance aux points d’entrée, de gestion des urgences et de suivi des indicateurs du Règlement sanitaire international.


Ouvrant officiellement les travaux, Dr Yam-madji Aliace a mis en avant l’importance du cadre du Règlement sanitaire international, qui vise à renforcer la sécurité sanitaire mondiale à travers l’évaluation des capacités de préparation, de détection et de réponse aux urgences de santé publique. Selon lui, les exercices de simulation constituent des outils essentiels pour tester les dispositifs existants et en corriger les insuffisances.
« Ces exercices permettent d’évaluer notre capacité à gérer les alertes, à coordonner les actions et à assurer une riposte efficace face aux épidémies », a-t-il déclaré, ajoutant que cet exercice de simulation sur table offre un cadre propice à la réflexion collective et à l’amélioration des pratiques opérationnelles.


Le directeur général de la santé publique a également rappelé les efforts déjà consentis par le gouvernement, à travers le ministère de la Santé publique et de la Prévention, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Parmi les avancées notables figurent l’adoption du guide technique de la surveillance intégrée des maladies et riposte (SIMR), la mise en place du Centre des opérations des urgences en santé publique (COUSP), l’élaboration de procédures opérationnelles normalisées pour la surveillance aux points d’entrée, ainsi que la conception d’un manuel de gestion des urgences sanitaires.


Dans cette dynamique, la tenue de cet exercice planifié vise à tester, améliorer et renforcer les mécanismes de surveillance et de notification aux frontières, considérés comme essentiels pour prévenir la propagation des maladies.


Dr Yam-madji Aliace a enfin souligné l’importance accordée par le gouvernement à cet atelier, qui doit permettre aux participants d’acquérir de nouvelles compétences, de partager leurs expériences de terrain et de consolider la collaboration intersectorielle. « Il s’agit de mieux préparer notre système de santé à faire face aux urgences sanitaires », a-t-il conclu.


L’atelier réunit les points focaux de dix points d’entrée du pays ainsi que des techniciens issus de plusieurs ministères, traduisant une approche multisectorielle indispensable à une gestion efficace des menaces sanitaires.

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