Face à l’aggravation du conflit au Soudan et à l’ampleur de la catastrophe humanitaire, Amnesty International appelle à une mobilisation internationale en lançant une pétition en faveur du déploiement urgent d’une force de protection internationale. L’organisation de défense des droits humains souhaite que cette initiative aboutisse à une action concrète du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine afin de renforcer la protection des populations civiles.
Selon Amnesty International, les violences qui opposent les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) depuis avril 2023 continuent de faire payer un lourd tribut aux civils. L’organisation estime qu’une force internationale robuste est désormais indispensable pour prévenir de nouvelles attaques, sécuriser les populations les plus vulnérables et garantir l’accès de l’aide humanitaire dans les zones les plus touchées.
La crise soudanaise est aujourd’hui considérée comme l’une des plus graves au monde. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie depuis le début des affrontements. Plus de 10,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que quatre millions d’autres ont trouvé refuge dans les États voisins. Au total, plus de 30 millions de personnes dépendent désormais d’une assistance humanitaire, notamment dans les régions du Darfour et du Kordofan, confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
Amnesty International accuse les deux camps de s’être rendus responsables de graves violations des droits humains. L’organisation évoque des attaques délibérées contre les civils, des violences à caractère ethnique visant des communautés non arabes ainsi que des violences sexuelles touchant particulièrement les femmes et les jeunes filles. Les enfants figurent également parmi les principales victimes, exposés au recrutement forcé, à la détention arbitraire, à la torture et à la privation de soins.
L’organisation rappelle également le siège d’El Fasher, où, selon elle, les Forces d’appui rapide ont encerclé la ville durant près de 18 mois entre 2024 et 2025, provoquant une grave crise humanitaire en entravant l’accès à la nourriture, aux soins et aux services essentiels. De nombreux civils y auraient été tués, blessés ou victimes de violences sexuelles.
À travers cette campagne, Amnesty International demande aux citoyens du monde de signer la pétition afin d’accroître la pression sur les décideurs internationaux. Les signatures seront transmises au Conseil de sécurité des Nations unies ainsi qu’au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, avec l’objectif d’obtenir le déploiement rapide d’une force internationale chargée de protéger les civils, de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et de documenter les attaques contre les populations et les infrastructures civiles.
Source : Amnesty International.




